Sur la voie de l’accomplissement: Oeuvrer (III)

Toute les Connaissance et la Science que l’on emmagasine seront vaines caduques si aucun mouvement n’en découle. Pour beaucoup il est important de connaitre, de connaitre un maximum voir de tout connaitre en suivant cette parole sage de l’éminent savant africain Cheik Anta Diop « Vous devrez vous armer de connaissance jusqu’aux dents« . Mais bien souvent nous ne faisons que nous armer mais nous nous entraînons rarement à la mobilisation: faire des camps de retraite, driller nos jeunes via des activités associatives de terrain et développer des stratégies d’action dans la durée en faveur de nos communautés.

Nous passons énormément de temps à informer ce qui n’est pas du tout une mauvaise chose au contraire, cela est même la base de toute chose puis vient la formation selon l’ordre même de ma théorie en trois point: Informer, Former et Oeuvrer. Cependant, il y a de ces informations que l’on assimile uniquement dans la pratique, en étant sur le terrain, confronté aux réalités, aux faits et à l’opposition visible ou invisible de ceux qui ne veulent pas permettre une avancée en terme de Réveil de la communauté et encore moins de son organisation ou réorganisation. J’ai souvent dire que j’ai raté ma vocation, celle d’une carrière dans l’armée car j’ai un sens assez poussée de l’organisation, de la hierarchie et de la stratégie ou tactique. Mais surtout de la discipline qui va avec une carrière militaire, une discipline surtout intellectuelle qui conditionne le courage à passer à l’action et cesser avec les slogans et alibis en tout genre en restant derrière son ordinateur à demander aux autres de se réveiller et de monter au front. Une personne responsable montre toujours l’exemple, elle ne se contente pas de dire aux autres de monter au front, elle part elle-même en première ligne pour subir le feu de l’ennemie à un moment donné de son parcours.

Oeuvrer dans un premier temps serait d’oser passer à l’action, de poser des actes, mêmes infimes ou insignifiantes. Des actes qui s’inscrivent dans la durée que ce soit des prises de positions en publique, une mobilisation citoyenne pour une cause que l’on estime juste, un geste pour venir en aide à ceux qui souffrent etc… En tout cas faire preuve de CONSTANCE dans ses actions et initiatives là où beaucoup sont dans le M’AS-TU-VISME.

Il y a deux choix qui se proposent à nous: premièrement et instinctivement celui de se dire « je vais créer une structure, une association ou une ONG ». Réaction assez typique du souvent à un manque d’information car pourquoi créer une structure qui existe déjà et faisant le travail que l’on veut lancer? Du coup on se retrouve souvent avec des structures doubles ou triples. Dans la mesure où les objectifs et les moyens d’actions sont exactement les mêmes, il y a dispersion d’énergie et de compétence. Et sans citer de noms, il y en a qui existent surtout pour l’appât du gain pour ne pas dire les subsides offerts par le milieu politique pour s’assurer une main mise électorale sur une partie importante de la communauté en multipliant ce type de « générosité » malsaine. Mais dans la mesure où il y a une variation, même infîme, dans la manière dont est lancée puis gérée une structure çà peut-être sur le plan de l’autonomie financière vis à vis du secteur public, de la stratégie de communication ou du sens même des action à poser, alors il y a lieu d’oser créer quelque chose de nouveau de l’espace associatif et communautaire voir extra communautaire.

En mai 2010, avec un ami, j’ai lancé l’asbl BANA MBOKA à Bruxelles comptant aujourd’hui plus de 20 membres, dont la particularité était: l’autonomie financière vis à vis du secteur public, la valorisation de l’Afrique, africains ainsi que des afrodescendants en mettant en avant uniquement les aspects positifs. Nous organisons régulièrement des conférences dans ce but là, des projections vidéos, des ateliers « découverte-culture », concours, des activités festives en partenariat avec d’autres associations. On pourrait résumé BANA MBOKA à: Valoriser ce que nous étions, ce que nous sommes et serons mais AVEC nos frères et soeurs africains ayant leur structure associative.

Il y a beaucoup d’initiatives touchant à la sphère socio-politique: des partis actifs sur les enjeux nationaux, internationaux ou panafricains ainsi que quelques rares groupes de réflexions. A une époque je fus intéressé par tel ou tel parti politique en rapport avec les enjeux zaïro-congolais mais très vite j’ai préféré garder mes distances car ne voulant pas participer à un système soit disant démocratique dont les fondements étaient déjà biaisés dès le départ. Il s’en est suivi des tentatives de groupes de réflexions, Think Tank avec des jeunes compatriotes n’ayant pas abouti. Cependant de fil en aiguille la nécessité d’une action ou structure à mettre en place en rapport avec le besoin d’avoir le pied dans la sphère socio-politique était toujours présent. Ainsi, donc suite à la catastrophique élection de 2011 au Congo-Kinshasa, avec des amis de longue date actifs dans leur milieu mais très au fait des problématiques liées à la communauté congolais d’ici et de la situation au pays, nous avons lancé l’initiative INGETA.COM, qui a pour but de encourager et inciter les individus à se mobiliser et à s’impliquer pour le Congo via le mouvement Ingeta lancée par la jeunesse des Congolais De l’Extérieur et ceux au pays.

Le terme « Congolais De l’Extérieur » revêt pour moi plus de sens que « Diaspora » nous ne somme sni un peuple qui a été dispersé ni qui est en fuite. Certains parmi nous sont nés hors d’Afrique, d’autres l’ont quitté enfant avec leur parent et d’autres l’ont effectivement fuit à cause de l’efficacité du modèle de « Démocratie » qui est y pratiqué.

Suite à cette initiative avec un autre groupe nous avons lancé Campus Congo en 2012, en octobre nous aurons la la troisième édition dont le thème portera sur la Diplomatie Congolaise essentiellement mais toujours avec des sujets réguliers comme la situation dans la communauté hors du pays et la situation nationale et régionale en Afrique. Le but de cette initiative était de faire asseoir autour d’une même table pendant tout un W-E une sorte d’intelligentsia de la communauté de congolaise de Belgique et de faire venir des intervenants, experts dans leur domaine, comme Mr Jean-Jacques Wondo une référence congolaise connue en matière de Défense et Sécurité, afin d’avoir un échange constructif avec la vingtaine de participant que nous réunissons à chaque édition.

Et puis il y a les actions ponctuelles en relation avec mes amis sur Goma dont une consistait à venir en aide aux veuves et orphelins de guerre dont les maris et pères avaient été tué par l’armée rwandaise sous appellation « M23 » lors de leur attaque meurtrière début de cette année. Une aide alimentaire de première nécessite et aussi un projet d’encadrement des enfants de moins de 15 ans par un projet de scolarisation mais qui souffre d’un manque de moyens financiers conséquent à ce stade.

Courant 2011, j’ai eu l’envie de me lancer dans une démarche touchant à l’imaginaire. Car à la première conférence de mon asbl nous avions eu le privilège d’avoir des intervenants comme nos aînés comme Antoine Tshitungu et Nsapo Kalambay. Antoine Tshitungu insistait régulièrement sur le fait que ma génération devait impulser un Nouvel Imaginaire africain, c’est à dire ce que j’en ai compris, une nouvelle manière pour nous de vous définir, de nous voir, de nous décrire et de projeter dans l’avenir. Et c’est dans cette foulé mais aussi, il faut le dire, influencé par des films à succès comme la trilogie du Seigneur des Anneaux et ma série du moment Le Trône De Fer, que je me suis fait la réflexion suivante: pourquoi n’existe-il plus de peplum africains depuis Chaka Zulu dans les années 80? même en livre. Alors je me suis lancé la rédaction d’une trilogie que j’ai appelé « Les Chroniques De L’empire Ntu« , des récits fantastiques en trois volumes se déroulant dans un empire africain imaginaire du XVème siècle. Le premier livre est en ce moment dans sa phase finale de relecture avant publication.

A la lecture de toutes ces initiatives, on pourrait penser que je suis dispersé sur plusieurs projets, alors que non! Il y a une ligne directrice forte qui me maintient en équilibre et un file invisible qui lit chacun de ses projets les uns aux autres. Tous m’emmenent vers le même objectif initial: oeuvrer pour ma communauté, oeuvrer pour mon peuple en laissant derrière moi des traces de mon passage et permettant à la génération derrière la mienne qui est en formation, et que je suis de près, des outils qui leur permettront de mettre très tôt le pied à l’étrier et poursuivre ce que d’autres, bien avant moi avaient commencé et dont je ne suis que le dépositaire. Je pense avant tout à des personnes comme mon père qui était aussi un intellectuel mais pas de salon car il posait des actes de son époque et dans les projets qui lui tenaient à coeur: acheter ou construire une maison à la naissance de chaque enfant, acheter des terres agricoles que nous aurions a exploiter et développer plutard, mettre en place une ONG de gestion et de soutien aux initiatives locales dans el domaine de l’éducation, la santé, le travail, l’agriculture et l’énergie. Et en plus, il était auteur aussi et publia son première ouvrage avant la trentaine, tels que:  « Révolution et humanisme », « Authenticité et développement », « Aux sources d’un révolution », « L’Éthique du Mouvement Populaire de la Révolution ».

Il est important de poser des actions visible et palpable et non seulement idéologique. De laisser derrière soi des outils qui aideront et impacteront la relève afin de ne point briser le Fil de la Transmission. Agissons, soyons concrêts mais surtout efficace dans la durée.

 

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