Réflexion: sommes-nous Afrocentristes ou Panafricains?

Le Panafricanisme, tout le monde s’en revendique, du moins sur la blogosphère et au sein des communautés noires hors d’Afrique, appelées faussement « diaspora », bref, passons. Être panafricain, l’africain lambda s’en fout car dans le quotidien il ne vit pas se panafricanisme qui lui promettait monde et merveille depuis les années 1950 – 1960.

L’Afrocentrisme, de plus en plus s’en réclament aussi, et à nouveau, c’est surtout en dehors du continent que cette revendication est la plus forte, la plus marquée et la plus affichées comme une réponse au tout christianisme ou islam dans nos communautés africaines hors du Continent Premier.

Je ne vais pas servir un roman en guise de définition des deux « -isme » ci-dessous. Je vais me limiter à quelque chose de très court, allant sur l’essentiel de ce que ces deux « mouvements » signifient et revendiquent font appel. Pour faire très court, le Panafricanisme est une question de solidarité sociale, politique, économique et historique entre peuples africains et afro-descendants. C’est solidarité impliquerait un soutien mutuel entre peuples africains et afro-descendants dans les luttes des uns et des autres, les revendications englobant ou pouvant englober celles des uns et des autres mais surtout, la compassion des uns pour le drame des autres. Et en terme de panafricanisme, il existe deux types ou genre de panafricanisme: celui des peuples et celui du monde politique. L’un prône la solidarité et veut créer un pont entre les peuples africains, l’autre se veut unir les états africains pour faire front commun et peser sur la destinée de l’Afrique… Le chemin pour ce dernier, vous en conviendrez avec moi, est encore long.

De l’autre côté, l’Afrocentrisme est un projet ou une idéologie d’ordre spirituelle et sociale qui prône le retour à nos valeurs, nos coutumes, traditions, philosophies et spiritualités ancestrales, celles d’avant l’invasion et l’occupation de l’Afrique par les européens et les multinationales. Ce projet ou idéologie est très fort ancré surtout dans le « Nouveau Monde », là où, détaché et maintenu captif par l’éternel prédateur, l’Homme Noir pour survivre a du faire le choix de retourner vers ce qui fait qu’il est et sera toujours Lui et non l’Autre. C’est ce que j’appelle le Nous. Un terme qui englobe les forces cosmiques et de la nature (les divinités), les Ancêtres, nous et nos descendants à venir par un lien invisible partant depuis le Premier Humain par la conscience, le langage et l’intelligence qui s’est tenu debout sur le Premier Continent, jusqu’à nos enfants et petit-enfants actuels que nous voyons grandir sous nos yeux.

L’UN EST-IL D’OFFICE L’AUTRE?

Selon mon observation de la chose: non. Pourquoi? Car tous les panafricains ne sont pas d’obédience afrocentriste au sens pur du terme, c’est à dire, le retour au Nous selon la définition donnée ci-dessus. Car beaucoup sont des activistes chevronnés, zélés, efficaces et déterminés mais sont pour certains des chrétiens (catholiques ou protestants) ou des musulmans voire des agnostiques. Leur activisme n’est souvent pas discutable car les faits et les actions de leur engagement parlent à leur place comme un avocat devant un juge. Ils ont pour modèle et exemple dans l’idéologie panafricaine des illustres comme Kwame Nkrumah, Thomas Isidor Sankara et d’autres. De plus, les panafricains sont parfois en couple mixte, c’est à dire, une compagne ou épouse, un compagnon ou époux d’origine autre que africaine, pour beaucoup des personnes d’origine européenne qui comprennent et les soutiennent dans leur combat pour plus de justice et de solidarité entre les peuples, d’Afrique et du monde face à l’impérialisme. Donc tout panafricain n’est pas forcément afro-centré sur le plan social, philosophique et spirituel.

Il en va de même pour les afrocentrés même si dans leur cas la frontière entre afrocentrisme et panafricanisme est mince. Je dirai même que le panafricanisme est rejeté d’une certaine manière car justement, il ne renvoie pas ses « adeptes » vers un retour aux fondamentaux du Nous: sociologie, spiritualité, traditions, coutumes etc… Du coup, il y a des afrocentristes pour qui le panafricanisme est un concept de perte de temps ne reposant que sur les hauts faits de personnalités déjà mortes pour la plupart ou sans pouvoir politique pouvant faire basculer la donne ou permettre la mise en place d’un vrai projet global afrocentré. L’autre détachement des afro-centrés avec le panafricanisme, c’est leur « dégoût » du mélange « interethnique », religieux et philosophiques qu’on pet retrouver au sein des activistes panafricains. Un mélange qui continuerait à mettre à mal la doctrine centrale de l’Afrocentrisme: le retour au Nous, le retour au paradigme ancestral et tout ce qui va avec. Du coup, l’on voit de moins en moins des afrocentristes soutenir les initiatives des panafricains, les actions publiques, les manifestations, les mémorandums, les lobbyings, les passages dans les médias, les interpellations du monde politique etc… Ces combats que les afrocentrés trouvent inutiles et vains car la reconnexion avec la doctrine ancestrale n’a pas été fait et mise en action.

LES DEUX PEUVENT FAIRE L’AFFAIRE

Oui, il existe quand même des africains pouvant être panafricains et afrocentrés, ce sont ceux qui par leur activisme donnent de leur temps, de leur personne et de leurs moyens pour la communauté africaine du pays où ils vivent voire au-delà, jusqu’à se sentir concerné par les actualités politiques impliquant des africains ou des états. Ces personnes là, on, en général commencé comme panafricain puis, à force de se forger une nouvelle idée de ce qu’est l’Africain et l’Afrique, ils épousent petit à petit, non sans peine le paradigme du Nous, le retour aux croyances anciennes, à nos traditions et philosophies. Ceux-ci sont des personnes désireuses de redécouvrir leur identité première mais aussi se mettre au service de leur communauté afin de rendre ce que les Ancêtres leur aurait légué.

Je pense, et ce n’est que mon avis personnel, lorsque les africains se seront RÉELLEMENT réconciliés avec eux-même et tant que peuple. Le plus grand risque pour l’Afrique, c’est l’après fi de l’ilpérialisme. Car lorsque nous nous retrouverons sans ennemi commun, il va de soi que les dissensions internes de l’Afrique referont surface. Voilà pourquoi il est important de rester alerte et connecté aux autres activistes pour informer, mobiliser et soutenir les siens. autrement, nous nous ferons la guerre, ou des guerres pour des histoires de dogmes religieux et économiques.

 

Comments
  • Thierry Luse
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    Très bel article qui ajoute une nouvelle dimension à la compréhension de ces deux -isme

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