Reconstruire son paradigme c’est renoncer à celui des autres

Pour comprendre la Bible et pouvoir l’enseigner, il vous faut la maîtrise, ou au moins la connaissance de trois langues et cultures: la langue hébraïque (antique) et récente ainsi que les coutumes et traditions juives. Le grecque ancien et récent, ainsi que les coutumes de la Grèce de l’époque de l’Eglise Primitive et enfin le latin (Rome) qui fut la langue de vulgarisation des évangiles.
Et je dirai de même pour l’islam, car être enraciné dans l’islam, c’est aussi une question de linguistique afin de connaitre les nuances de l’arabe classique, des uses et coutumes antiques et actuels en terre d’islam, de l’histoire passée et présente ainsi que des philosophies dites islamiques. On pourrait continuer comme indéfiniment pour toutes les croyances du monde.
 
MAIS… Pendant que nous, africains sur le continent et hors du continent, continuons à dépenser du TEMPS, de l’ENERGIE et sans doute de l’ARGENT pour maîtriser et connaître ces choses qui sont EXTERIEURS à nos racines négro-africaines, nous délaissons COMPLETEMENT ce qui nous est propre: la linguistique africaine (celle de nos peuples et de Kemet, l’Egypte antique noire),  l’essence, le sens et le but des uses et coutumes africaines (celle de nos peuples et de Kemet, l’Egypte antique noire).
 
C’est à dire, nous prédisposons notre « mécanique » intellectuelle à réfléchir D’ABORD en terme du paradigme Biblique, ou islamique, avant même d’avoir la moindre réflexion (positive) émanant du paradigme qui est celui de nos origines culturelles. qu’on le veuille ou non, on appelle ça l’aliénation. Et elle revêt plusieurs formes mais elle est essentiellement mentale, c’est à dire, celle d’avoir enfermé notre mental dans des raisonnements dont les bases, les fondements, les assises, les racines sont indo-éuropéennes, ou plus simplement « occidentales ».
 
Maintenant demandez-vous ceci… Quel serait votre niveau de maîtrise de votre langue africaine ou d’origine africaine, de la philosophie qui va avec, nos spiritualités, de nos coutumes, nos mythes et notre histoire si je me donnais à ma culture autant, voire plus, que je ne me donne à la culture Biblique?
 
Je parle bien de Culture avec un grand « C », celle qui englobe bien plus que ne le fait le Folklore. Je parle de choses profondes, celles touchant au fondement de la stabilité psychologique, et donc du fonctionne mental d’un individu au sein du groupe auquel il appartient, ou croit appartenir.
 
Et l’un des plus grands freins du monde africain est là, pas dans la réussite économique ou politique ou diplomatique. Ces choses ne sont que l’émanation visible de ce qui est non visible. De ce qui est caché, de ce qui est secret, de ce qui est sacré, la racine, l’essence de l’Âme d’un individu ou de son groupe.
 
Observez maintenant tous ceux qui vous parler de libérer l’Afrique de ses oppresseurs, tous ceux qui disent lutter pour la démocratie, tous ceux qui prétendent pouvoir faire mieux que les Kabila et consort. Observez-les et demandez-vous ou demandez-leur l’importance qu’il accorde à la question de la Culture (Ba-Ntu), l’importance qu’ils accordent à la redéfinition de notre imaginaire et au renouvellement de notre paradigme. Si une personne se met à bafouiller ou à prendre des tangentes « dialectico-verbalistiques » pour vous emmener vers des sujets du genre « la démocratie… les élections… l’état de droit… etc… », sachez-le, c’est une personne qui ne sait pas dans quelle direction il doit emmener le peuple.
Bien que l’Africain moyen veut d’abord avoir de la nourriture dans son assiette et de l’argent dans sa poche, ne sous-estimez pas la part du besoin de bien-être psychologique par la culture et donc avec la spiritualité.
Tôt ou tard, il faudra des leaders africains, au pouvoir, pour prendre des décisions courageuses qui remettent l’Afrique et nos Humanités Classiques à nous, l’Egypte Antique Noire, Kemet, au centre du village car toute nation qui se bâtit une démocratie en copiant et en mimant le modèle des autres sans s’appuyer sur sa culture, alors que ceux qu’elle copie l’ont fait, cette nation là, prépare sa propre malédiction.
Nous devons revenir à ce que nous étions et partir de là pour forger notre nouvel imaginaire. Des africains sont morts en s’opposant à la prédation philosophique et spirituelle européenne et étrangère sur le sol africain. Alors faisons-leur honneur, faisons preuve de de courage et de détermination.

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