MERCI, plus qu’un simple mot en Lingala. Explications

28abfdf93983f1ecc3b78e114336ae0aA mes amis qui aiment ou veulent parler lingala, voici un petit quelque chose à savoir au sujet du mot ou de l’expression « Merci » en lingala. J’introduirai d’abord par une remise en perspective de l’expression et de l’acte, ou de la Chose et l’action. Mon père et mentor m’as dit dans le lexique de nos noms de famille, du peuple Ngombè (groupe éthique s’étendant de Lisala, ville du nord du Congo-Kinshasa, jusqu’au Kameroun), que la colonisation a PERVERTI beaucoup de termes et de noms/mots et qu’il revient à ma génération de les réhabiliter dans leur sens premier.

J’insiste car beaucoup des miens en disant merci en lingala confondent la « chose », le geste à poser et l’action, l’expression de la « chose », du geste posé. Quand à la fin d’un échange vous dites « Matondo« , vous parler du merci en tans que geste, en tans que chose « inanimée » comme on dirait Bolingo (l’amour), Kanda (la colère), etc… Surtout n’oublions pas que Matondo vient de Ma- (pluriel) Tondo (du verbe ko tonda, être rassasié, repu, comblé, rempli, etc…).

Exemple: Li- Kambo (un problème, une affaire) devient Ma- Kambo (des problèmes, des affaires). Bien qu’il y a aussi le terme Ngambo pour signifier un problème grave. L’autre forme du pluriel est le préfixe Ba-  comme Ba- Ntu  (Mu- Ntu au singulier).

Mais lorsque vous utilisez le terme Botondi vous introduisez la vie dans la « chose ». Botondi peut se décortiquer comme suit:
Bo- (manière d’être, attitude, disposition) -tondi (comblé, rempli, etc…). Là, vous voyez bien la manifestation de la vie dans la chose. On ajoute une « âme » à la « chose ».

De plus, mon père (oui, encore ce monsieur M’buze) m’a appris que les langues Ba-Ntu utilisent enormement la contraction des mots et phrases car le son produit par les mots Ba-Ntu ont tendance à rendre une phrase mélodieuse mais aussi longue à prononcer. Ce qui je vous l’accord n’est pas aisé dans certaines circonstances.
Exemple: Na zali (je suis) devient en lingala courant/urbain Na za’ ou Yaka sika sika oyo (vient immediatement) devient yaka Sik’oyo voire aussi Imbwa (chien) est devenu ‘Mbwa, etc…
La veritable expression, à mon sens, pour dire merci ou je te/vous remercie serait donc « Na tondi yo/bino Botondi » qui en lingala courant est devenu simplement « Botondi« . Cette expression est d’une profondeur spirituelle dont on ne soupçonne pas la portée sur le plan cosmique car elle équivaut à dire « Je te rend grâce » qui est une phrase utilisée surtout en français dans un contexte religieux d’une personne s’adressant au Divin.

Je vais maintenant extrapoler. Et si, en vérité, en disant « Merci » à une personne en langue Ba-Ntu on ne s’adressait pas à l’Être Matériel mais à l’Être Immateriel en lui cad l’Esprit. Cette part du divin, des forces cosmiques, en chacun de nous. Cela voudrait dire que nos ancêtres (gloire leur soit rendue) avaient déjà compris que dans l’autre demeurait le Monde Cosmique, le Monde des Ancêtres, et que pour toute bonne action venant de la personne il fallait remercier l’Univers d’avoir placer cette personne sur notre chemin.

Nga’ (ngayi) Mbuze Noogwani Ata Ye Mieko Momi, na tondi bino banso botindi mingi.

Showing 4 comments

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.