LIVRE, « NJINGA – REINE GUERRIERE », ce que j’en retiens

Que faut-il retenir de la Reine Nzinga…

De tous les livres que j’ai lus à ce jour, depuis l’éveil de ma conscience au panafricanisme, à l’afrocentricité ainsi qu’à mon identité Bantu, Africaine, c’est à dire depuis 2006, l’histoire de la reine Nzinga Mbandi dia Ngola, reine du Ndongo et du Matamba, du peuple Mbundu, fille du roi Kiluanji et de la reine Kangela, est là plus belle, la plus passionnante, la plus instructive de tous les livres lus sur cette période là de l’histoire du Continent Premier: Katiopa (Afrique). De l’histoire de cette Femme Noire, de la lecture de ce livre, j’en retiens les choses suivantes:

1- Elle est l’archétype même de ce qu’étaient les femmes africaines avant la perversion de nos sociétés par des religions et des cultures extérieures bâties sur le paternalisme et la misogynie, ayant pour fondement les écritures des Livres dits Saints qui les diffusèrent: car la femme pouvait exercer la même autorité, avoir les mêmes fonctions aonsi que les mêmes privilèges qu’un homme, et même plus, si on tient compte de la symbolique de la Mère dans les Cultures Africaines.

2- L’importance d’avoir conscience des enjeux du Monde, de l’époque dans laquelle on vit. Cette conscience l’a poussée a en apprendre toujours plus sur ses ennemis: leurs langues, leurs coutumes, leurs intentions premières et secondaires, leurs forces et faiblesses, dans le but d’adapter son propre fonctionnement, afin d’assurer sa victoire ou du moins sa survie en tans que peuple, état, personne ou symbole pour ses contemporains et les générations futures.

3- La force de la spiritualité et des croyances qui agissent sur la psychologie de l’Humain comme un puissant stimulant. Une croyance ou une religion avec des outils puissants (rites, liturgies, expériences « extra physiques » fortes, etc…) Et un nombre important de pratiquant a un effet dopant sur l’individu pouvant le pousser vers le meilleur ou… le pire.

4- Les choix de celui qui dirige, qui préside, qui règne ont des effets sur plusieurs générations. D’où l’importance d’être réfléchi, sage, instruit mais surtout convaincu de ce que l’on fait ainsi que d’être à l’écoute des conseils et des avis: apprendre à écouter avant de parler.

Statue de la reine Nzinga à Luanda, sur la célèbre place Kinaxixi

5- Que personne ne naît courageux, que personne ne naît héro et que même si les parents ou les ancêtres l’étaient, cela ne fait pas de vous des héros de droit sanguin ou divin. Nous sommes ce que nous sommes par ce qui nous a été  transmis et de ce que nous faisons de cette transmission là. Et ces choses nous sont transmises non pas pour nous mais pour ceux après nous: « Je suis parce que nous sommes »… l’Ubuntu.

6- Le courage ne s’achète ni ne s’hérite: il se transmet mais il se bâtit et s’entretient par nos expériences, nos espoirs, nos désirs, notre tempérament et l’exemple de courage et de force de nos prédécesseurs: « Je suis là Raison pour laquelle mes Ancêtres ont éxistés ».

Lesliana Pereira, interprétant la Reine Nzinga dans le film « NJINGA », sortie en 2016

7- La démystification des envahisseurs (européens) qui ne sont que des êtres humains comme nous, capable d’éprouver de la peur, d’avoir des doutes, de faillir dans leur raisonnement et que l’on peut vaincre sans peine sur un champ de bataille à arme égale: les nubiens/la reine Kandaka Amarinera vs les romains, les Zulu vs les anglais, les éthiopiens vs les italiens, les haïtiens vs les français, les Minos/Amazones du Dahomey vs les français, les Neg’Marrons vs les esclavagistes, les princesses-guerrières Basengele vs Stanley… les troupes de Nzinga vs les portugais… les vietnamiens vs les français et les americains.

8- La notion d’esclavage: en Afrique c’était dans l’air du temps que, pour une dette ou après une défaite militaire, on devenait « esclave » de l’autre. Les « esclaves » pouvaient être échangés, offerts en guise de contre-partie ou échangés lors de négociation. Ils étaient insérés ensuite dans la société jusqu’à devenir des nobles, des militaires, des ouvriers, des membres de la cour, des reines et donner naissance à des monarques… comme Nzinga dont la mère était une « esclave ». Rien de tel dans ce que faisaient les européens et les arabes, dont la forme d’esclavage étaient la marchandisation, la chosification, la déshumanisation de l’Humain Noir par un racisme et une negrophoboe dont nous voyons encore les comportements barbares et paroles encore de nos jours exactement comme il y a 500 ans.

9- Les plus grands guerriers doivent être aussi les plus grands politiciens, excellents en diplomatie et négociation capable de tenir tête à la partie adverse avec honneur et fierté, de forcer le respect que de le quémander. Savoir susciter la crainte, jusqu’à se voir inventer des mythes et des légendes sur ses capacités hors du commun, ses habitudes ou coutumes « barbares ». Un ennemi qui ne te craint pas et un ennemi dont tu n’as pas encore atteint un point sensible.

10- Le souci de léguer quelque chose de mieux, de meilleur, aux générations suivantes. De savoir que le but de son combat ne doit se limiter à soi et aux siens mais bien plus loin dans le temps et l’espace: jusqu’à ceux dans le camp adverse. Marquer l’histoire et entrer dans le panthéon des Immortels pour avoir contribué à un « mieux » pour tous en terme de leçon d’humanisme.

iconographie de la Nzinga allant au combat avec son armée

Pour finir je dirai que ce livre je le recommande surtout aux hommes AFRICAINS. Il nous faut saisir ce qu’était la Femme Noire afin de savoir quelles étaient nos fondamentaux sur ce point-là ET de les inclure dans tous nos raisonnements ayant ou pouvant avoir de l’impact sur les Femmes ou UNE femme noire, Africaine ou afro-descendante. On ne pourra pas faire renaître l’Afrique avec les raisons qui nous ont été imposés par l’impérialisme européen ni celle à venir de la Chine, ni avec celle ancrée dans nos sociétés par le christianisme et l’islam.

L’africain DOIT renouer avec ses fondamentaux et bâtir dessus et sur.nul autre. Chaque civilisation bâtit sur les bases de ceux que leurs ancêtres ont légué de mieux, en accord avec leur IDENTITÉ PREMIÈRE. Quelle est notre identité première? Elle n’est ni chrétienne, ni musulmane, ni occidentale, ni asiatique, ni « mondialiste », ni « globalisée ». Notre identité première trouve ses racines dans ce que nos langues locales, nos noms, nos coutumes, nos mythes, nos légendes, nos croyances et spiritualités ANCESTRALES disent que nous sommes.

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