L’individu doit être au service de sa communauté

Il va de soi que lorsqu’on fait partie d’un groupe de personnes, que ce soit ethnique, politique, religieux, idéologique ou autre, on a un devoir moral de réciprocité ou du moins de mise à disposition de ses acquis au service de ce groupe afin de participer à son bien-être et permettre ainsi que ce dernier puisse évoluer, gagner en crédibilité et même en puissance dans la sphère économique, politique et sociétale.

Cette réflexion, comme tans d’autres, je la fais vers la communauté congolaise voir africaine. Car dans la vision panafricaine qui est la mienne, il est de mon devoir de replacer le « Congo-Kinshasa » dans un contexte africain. Malgré qu’aucune statistique officielle n’existe en Belgique sur le niveau d’éducation, j’entend par là: formation académique (études secondaires et universitaires), il est estimé que la population d’origine congolaise (et peut-être africaine subsaharienne) est très bien formée sur le plan académique. Beaucoup de Bachelier, d’universitaires ayant un ou des masters et autres doctorats en poche.

Cependant, très peu, trop peu parmi ces derniers sont impliqués dans la vie de leur communauté. J’entend par là, la participation aux actions socio-culturelles, aux initiatives associatives, aux actions socio-professionnelles et socio-économiques. Des initiatives, formelles ou informelles, dont le but et la consolidation de la communauté, la mise en exergue de l’excellence née en son sein et de la compétence de ses anciens, experts en différents domaines touchant à la vitalité de la communauté voir de la société civile dans le pays hôte.

L’INDIVIDUALISME

Bien de mes observations et de mes échanges avec différentes personnes font mettre à l’évidence le fait que beaucoup recherchent avant tout le bien-être personnel avant tout engagement proactif pour la communauté. Ce bien-être passe par l’obtention d’un emploi de qualité lié à son diplôme académique, à ses expériences. Là où beaucoup de nos aînés avaient à faire des petits boulots dévalorisants malgré leurs hautes études déjà achevées et compétences déjà prouvées, la génération actuelle vise uniquement le haut. Ce qui n’est pas mauvais en soi compte tenu des ouverture opérée ici et là dans différents secteurs professionnels tant publique que privé. en gros, cette jeunesse veut avant tout: un emploi valorisant ( de cadre si possible), un logement décent (si possible dans une belle ville et un beau quartier), un véhicule privé, du temps-libre pour des activités de divertissement et autres voyages etc…

Ceci est une généralité biensur. Car il existe des jeunes qui en plus de cette recherche du « bonheur » sont forts impliqués dans la communauté. Mais j’aimerai ici parler de cette masse inactive, voir passive pour qui l’accomplissement personnel est parfois l’unique but. Ceci s’avère vrai dans la mesure où nous voyons qu’il y a trop peu de jeunes actifs par rapport au nombre de jeunes faisant de hautes études et d’autres les ayant déjà achevé. Ceci pose un problème d’apport de compétences permettant de renforcer les capacités du groupe. Cette jeunesse se complaît souvent dans les analyses par médias sociaux interposés ou lors de discussions autour d’un verre. Mais rien qui ne reste et que l’on puisse utiliser dans le futur pour et par la communauté. En gros, de belles paroles qui s’envolent, des bonnes intentions qui s’émoussent avec le temps.

Et dans ces communautés sans leaders, la tentation de se mettre en avant est souvent très forte. Là, je fais une nuance, il y a ceux qui sont propulsés en avant car sont actifs pour et dans la communauté et ceux qui recherchent cette visibilité par des actions personnelles même si elles peuvent être intégrable à une action plus vaste dans la communauté. Mais tans que le départ de l’initiative reste du fait de l’individu, surtout si il ne le fait pas au niveau d’un groupe, cela, qu’on le veuille ou non, reste une initiative individuelle, celle d’une personne avec son idée. Si cette initiative personnelle peut déboucher sur un initiative de groupe mettant en action plusieurs autres personnes compétentes, alors elle renforce la communauté car met en action plusieurs compétences dans uns structure humaine organisée et collective.

LA DISPERSION

L’individualisme peut même être une bonne chose si l’action lancée fait des émules et créer des vocations ou réveille des esprits qui jusque là était végétatifs. Mais la pire ds choses que l’on puisse voir en action dans la communauté c’est la dispersion. Celles des actions à mener ou menée en plusieurs directions, selon plusieurs schémas d’actions, avec des objectifs différents et surtout quand elles sont téléguidés par des intérêts extra communautaires différentes comme on peut le voir avec la main-mise des partis politiques sur nos communauté en général et pendant les périodes électorales en particulier.

Car comment expliquer que malgré les décennies de présence dans ces pays occidentaux, nos communautés restent toujours autant dispersées. Comment expliquer qu’un aussi grande communauté d’africains subsahariens partageant une racine culturelle originelle commune (1) ne disposent pas d’un centre culturel africain? Comment expliquer qu’elle ne dispose qu’une structure officielle représentative consultable par les autorités du pays hôte en cas de problèmes touchant la communauté? Comment expliquer que sur des sujets chauds d’actualité touchant à nos patries d’origine aucun expert issu de nos communauté ne s’exprime dans les médias télé et sont remplacés par des experts locaux à croire que seuls des locaux (de l’ex-métropole coloniale) peuvent bien et mieux connaitre le pays africain dont il est question.

NOS COMMUNAUTÉS ET LE MONDE POLITIQUE

Il y a beaucoup d’incohérence en mon sens car non seulement l’individualisme se retrouve piégé par le système et dans le système pour lequel il devient un petit soldat de plomb juste bon à satisfaire les intérêts de politique intérieur en terme de « diversité » et de « multiculturalité » du pays hôte mais aussi de contrôle des communautés en choisissant ceux « dignes » de la représenter. Je le dis et le répète:

TOUTE PERSONNALITÉ POLITIQUE ISSUE DE LA COMMUNAUTÉ QUI N’A PAS ÉTÉ ÉLU PAR UNE LARGE PARTIE DE CETTE DERNIÈRE ET DONT LA CRÉDIBILITÉ SOUFFRE DE SCANDALES ET FAITS DE NON EXEMPLARITÉ, NE PEUT SE PRÉTENDRE LA REPRÉSENTER NI PARLER EN SON NOM.

Il faut en finir avec ce phénomènes de nègre de service qui consiste à emmener des voix à des partis et de recevoir en retour une nomination à un haut poste dans le service public pour « services rendus ». Ces comportements sont contre-productifs pour nos communautés. Car au lieu d’être redevable à la communauté, à la base électorale, on en devient uniquement redevable au parti. Or ce n’est pas ça la « démocratie » (pouvoir au peuple, par le peuple), çà c’est la PartiCratie.

De plus, il n’existe pas la notion du bilan électoral ou du moins des mandats électoraux des membres de nos communautés ayant été élu voir réélu. Et là, la faute c’est la nôtre. Nous le peuple! Car nous n’interrogeons pas ces élus sur leur bilan, leurs actions, leurs initiatives en faveur de la communauté voir tout simplement sur l’état des lieux de la communauté avant, pendant et après le mandat de l’élu concerné. Nous nous contentons de tapes amicale sur l’épaule, de petites discussions rapides, sans profondeur, sans inventaire… Rien de chiffré, rien de palpable. Et lorsque les accointances « éthnico-tribalo-familiales » font leur apparition on se retrouve avec d’autres problématiques qui ne devraient plus avoir leur place à ce niveau des enjeux.

Qu’on le veuille ou non, un membre d’une communauté où qu’il soit, est un ambassadeur de cette dernière, et cela de gré ou de force. Car même si elle se démarque d’elle, les autochtones verront toujours en lieu un membre de cette dernière. Cette personne se retrouvera toujours en première ligne lorsqu’il s’agira d’un fait d’actualité en rapport avec sa communauté ou son pays d’origine. Et ce sera bien plus poussé lorsqu’il sera question de prendre position comme lorsqu’il y eu des émeutes à Bruxelles en 2011 en rapport avec le Hold Up électoral au Congo-Kinshasa (2).

LE FORMATAGE INTELLECTUEL ET IDÉOLOGIQUE

Pour avoir une communauté forte, il lui faut des intellectuels pour impulser des débats, des modèles de pensée et des objectifs sur le très long terme. Cela passe par une formation hors cursus académique classique donné par les institutions éducatives des pays hôtes. nos communautés doivent former idéologiquement leurs jeunes, du moins les plus excellents, les plus efficients parmi eux pour en faire des locomotives. Il s’agit entre autre de leur inculquer un objectif commun à atteindre pour le bien de la communauté et surtout les moyens de les atteindre. Laisser les écoles, universités et autres hautes écoles seules s’occuper de la formation intellectuelle de la jeunesse c’est comme donner son enfant à l’Etat pour qu’il s’occupe seul de toute son éducation. C’est de l’irresponsabilité, une irresponsabilité aggravée et grave avec des conséquences lourdes sur le long terme. c’est le genre d’irresponsabilité qui crée ce que j’appelle:

1- les Nègres de Service: ce sont des personnes souvent bien formées, bien éduquées toujours promptes à aider, participer, agir, s’engager avec zèle dans des choses ne concernant pas leur communauté voir faites contre cette dernière, leur peuple, leur pays (sa terre d’origine). On les retrouve souvent dans les entreprises privées et publiques, dans les parties politiques, dans les ONG occidentales, des institutions privées et publiques, etc… Leur zèle à aller à contre-courant de leur communauté d’origine est comme une manière de montrer aux « maîtres » qu’il ou elle mérite bien sa place de noir intégré dont l’ascension est souvent fulgurante et soudaine.

2- les Nègres de Salon: ce sont des personne la plupart du temps très bien formées sortant de grandes écoles ou entrain de suivre un bon cursus universitaire et qui dans leurs prises de position, que ce soit objectivement ou subjectivement, ne prennent et ne prendront jamais position pour la communauté. Ils ont toujours des arguments pour contrer ceux d’autres agissant ou voulant agir pour la communauté ou un de ces membres. Ils se complaisent souvent dans des discussions « intellectuelles » faisant toujours l’éloge du modèle sociétale occidental, souvent le seul qu’ils ont connu de leur vie, et conspuant l’Afrique, ses peuples et ses valeurs.

Seules deux choses les distinguent. La première est que l’un est actif, proactif même, expérimenté et acteur de terrain connu, reconnu ou en voie de l’être. l’autre pas. Il est surtout en arrière-plan, dans les cercles estudiantins, les groupes de réflexions ou autres rencontres où l’on retrouve souvent un public le plus souvent mixte ou à majorité non africain pour ne pas dire blanc. La seconde est que l’un a un objectif, un projet de vie qui lui serti de fil conducteur: monter en grade, avoir une promotion, devenir une personne politique importante dans son parti etc… L’autre n’en a pas de si haut, il vise plutôt une vie « simple » de petit bourgeois intégré, assimilé, etc…

Face à cela, les anciens de nos communautés n’ayant pas pris le leadership malgré leurs connaissances, leurs expériences, leurs réseaux de personnes laisse à la génération de leur cadet le devoir, individuellement ou par une poussée de la base populaire, d’un groupe restreint de personne, de prendre le leadership, ce leadership qui manque dans nos communautés. Car si leadership il y avait, il y aurait moins de dispersion. si leadership il y avait il y aurait un interlocuteur valable et crédible vers qui les autorités locales d’un pays hôte irait et que les médias feraient venir sur les plateaux télé. Si leadership il y avait, il n’y aurait pas multiplication de voix souvent discordantes lors d’événements grave et importants touchant nos communautés.

On ne naît pas leader, on ne naît pas intelligent, on ne naît pas fort mais tout çà, on le devient avec le temps. par la formation voir l »auto formation, l’expérience, les contacts dans sa communauté et d’autres puis, et avant toute chose la volonté personne de faire quelque chose, de devenir quelqu’un d’utile à la Cité. Car si l’on a de la connaissance ou expérience que la communauté n’en profite pas, alors on ne sert à rien et on n’a rien compris à la Vie. Et si nos diplômes (Bachelor, Master, Doctorat) ne nous servent qu’à trouver un travail alimentaire et ne vivre que pour soi alors on est un ingrat, un déchet, une honte au regard des sacrifices faits durant leurs vies par tout ceux qui nous ont précédé et qui font que nous sommes là aujourd’hui.

 

 

(1) Plusieurs arguments scientifiques dans ce sens apparaissent dans l’ouvrage « L’Unicité Culturelle de l’Afrique Noire » du savant panafricain Cheik Anta Diop. Ed. Présence Africaine, première édition 1959, seconde édition 1982

(2) élection présidentielle entachée de fraudes et irrégularités flagrantes de toutes sortes au Congo-Kinshasa en 2011. Des pays de l’UE comme la Belgique ont reconnu malgré tout la « victoire » de l’actuel président.

 

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