Les Belgo-congolais votent Flamands

Source: MO/Mondiaal Nieuws. Traduit de l’article original en flamand.

6 mars 2012(MO). La communauté congolaise en Belgique a montré son mécontentement ces derniers mois au sujet de la réélection du président Joseph Kabila fin Novembre 2011. Au cours des manifestations de rue, des drapeaux flamands ont émergé remarquablement. Peut-on parler de l’effet De Wever qui se rabat sur la diaspora congolaise, ou il y en a plus?

Ils foutent la merde chez nous et on fera la même chose ici. Comme le dit Mr Momi M’Buze, un activiste Congolais à Bruxelles. C’est un sentiment qui règne chez plusieurs jeunes Congolais aujourd’hui. Leur conseil de vote, compte tenu des prochaines élections communales est clair :

Tout sauf les partis Francophones traditionnels PS, CDH et MR. A côté des dirigeants du passé, comme Louis Michel (MR), ils critiquent aussi le ministre des affaires étrangères Didier Reynders(MR) et le premier ministre Mr Elio Di Rupo. Il explique ceci par le doute de Reynders sur sa participation à l’inauguration du président Congolais Joseph Kabila et les félicitations de Di Rupo envers Kabila.

A part le jeune Laurent Louis, un politicien pro-Tshisekedi de MLD (Mouvement pour la Liberté et la Démocratie) le FDF a aussi le soutient des Combattants, les leaders de l’opposition de la Diaspora Congolaise. Même une voix pour l’extrême Front National est préférable à une voix pour les partis traditionnels. « Il y a un certain niveau de Je m’enfoutisme » avoue M’Buze, « mais via cette voix nous voulons déstabiliser le fonctionnement du Système au niveau local. Il fut un temps, nous nous laissions guider par les sentiments et nous votions pour les Congolais en Belgique, mais c’est du passé maintenant ».

 

Votez Flamands

Dans la région de Bruxelles capitale, les congolais sont encouragés à voter Flamand. Les Flamands ont une attitude beaucoup plus critique et objective envers ce qui se passe au Congo. Selon M’Buze, ceci explique les lions Flamands qui colorient les manifestations. Même si cette vision est basée sur la position prise par Karel de Gucht envers le Congo quand il était ministre des affaires étrangères, le grand gagnant est aujourd’hui la NV-A. « La communauté congolaise a tiré ses conclusions et ils savent ce que nous pouvons les apporter « dit le senateur Karel Vanlouwe de la NV-A. Les francophones se laissent guider par les liens économiques, émotionnelles et Historiques avec le Congo. Par contre les flamands sont plus critiques, plus rationnels et mettent plus l’accent sur la bonne gouvernance.

Au sein du Sénat, Vanlouwe incarne la prise de position récente de la NV-A envers le Congo. Pendant les élections présidentielles il est allé au Congo comme observateur. Le GRoen est la sp.a, ou les hommes comme Dirk Van der Maelen , travaille depuis longtemps sur le Congo, ne sont pas connus par les Congolais, dit Nadia Nsayi. Elle est conseillère en politique pour les ONG Pax Christi et le Broederlijke Delen et elle aussi est allée au Congo pendant les élections. Avec leur choix pour la NV-A les Congolais veulent d’abord provoquer, explique Nsayi. Ils savent bien la position sensible de la NV-A dans le débat politique.

 

Diviser pour régner

Outres les francophones, ce sont les politiciens d’origine congolaise qui payent les frais.

«Ils sont nos représentants, mais n’ont rien fait pour se faire entendre», dit M’Buze. La tête de turc est l’échevin Bruxellois et Vice-président du parlement Bruxellois Bertin Mampaka (cDH). Le professeur de l’économie dans une Haute école en Hainaut.

« Pour moi ces drapeaux flamands étaient comme une gifle », dit Mampaka. « Les congolais n’ont pas un représentant car ils ne m’ont jamais donné ce mandat ». Il a déjà essayé de conquérir une place au niveau fédéral trois fois, mais ça ne lui est pas encore réussi car les congolais ne sont pas réunis derrière lui. « Depuis 2007 on crie pour voter Flamand. La NV-A a mis la congolaise Linda Mbungu sur la liste en 2004. Si ses 4500 voix de préférences sont ajoutés à mes 8000 voix, j’aurai pu émergé au niveau fédéral et les défendre sur le Congo. Mais maintenant ils ont avec moi un contact pour les problèmes de logements, les affaires sociales et la discrimination et pas pour chasser Kabila ».

Cette division est selon Mampaka le résultat d’une politique active au sein et en dehors de son parti pour le discréditer dans sa propre communauté. Mampaka: « L’élite de ce pays, les politiciens et les médias ne veulent pas d’un leader fort de la diaspora. »

 

Crédibilité

Mampaka souligne également qu’un homme politique congolais en Belgique est confronté à plus de problèmes que d’autres politiciens. Outre l’absence des partisans fortunés, il y a un manque de crédibilité. « Lorsque vous vous prononcez sur le Congo, vous êtes immédiatement étiqueté comme partisan » dit Mampaka.

Nadia Nsayi tire plus vers la communauté Congolaise : il y a peu d’accès pour les Congolais au débat social. Dès qu’il y a les manifestations c’est là qu’on commence à parler des congolais et de préférence quand il y a des choses cassées. La Diaspora manque une bonne organisation et ils ont un problème à exprimer leur point de vue. Avec le simple message’’ Kabila est en fait un Rwandais et donc Tshisekedi a gagné » tu ne vas pas attirer beaucoup de monde. Nsayi décrit comment les manifestants étaient dans les médias. Mais les gens ne manifestent pas pour le plaisir. Nous devons les écouter et entrer en dialogue avec eux.

 

Les élections en octobre

Avec les élections communales en vue, la volonté d’écoute semble plus grande que d’habitude.

Nsayi: « Il y a maintenant de nombreuses rencontres entre les partis politiques et de la diaspora, mais on verra si la politique changera vraiment. L’avenir électoral s’annonce sombre. Il y en aura de plus en plus moins d’élus noirs. . La diversité que les Africains avaient atteinte dans la région de Bruxelles, sera brisée. Selon lui, les congolais sont peu pour pouvoir peser sur la politique Belge.

Ils doivent eu même voter pour un candidat compétent mais aussi ils doivent recruter activement des voix pour leur candidats. Sinon ils devront se contenter de représentants que l’élite trouve très docile pour pouvoir parler pour eux.

Pour la NV-A ça s’annonce en tout cas bien. Nous devons bien sur attendre octobre, mais nous sentons une certaine sympathie chez les congolais avec qui nous avons parlé ces derniers temps. Nous espérons biensur qu’ils sont derrière notre programme car nous ne le changerons pas pour eux.

Momi M’Buze sonne beaucoup plus pragmatique: « Ce n’est pas que nous pensons que les Flamands sont plus humains que les autres ou que nous sommes derrière leur programme. Comme par hasard ils disent ce que nous les congolais avons toujours dit. Une voix congolaise ne pèse pas très lourd malheureusement mais nous voulons attacher notre wagon à ceux de Flamand ».

 

 

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