L’Empire de la Honte n’abdique jamais: il s’adapte, il mute

Sommes-nous réellement indépendants? Sommes-nous réellement libres de décider de ce que nous voulons être, faire e réaliser pour nous et par nous depuis les « indépendances »? Je met les guillemets exprès car je crois que nous n’avons pas été indépendant. Les années soixante me font penser aux dernières décennies du 19ème siècle et la déclaration d’abolition de l’esclavage qui a vu aussitôt naître une autre bête immonde:la colonisation, ou qu’il faudrait appeler l’occupation, l’ancêtre du Nazisme allemand qui allait fondre sur l’Europe quelques décennies plutard.

INDÉPENDANCE OU TUTELLE?

Non, la plupart des pays africains n’ont pas été indépendant lors de la « fin de la colonisation ». Non, elles ont simplement été mise sous tutelle, surtout lorsque l’indépendance n’a pas été obtenu par la lutte (armée ET idéologique), le sacrifice de ses fils et fils (martyr) et la prise du pouvoir par une élite issue de cette lutte (armée ET idéologique).

Il faut être profondément naïf, enfantin ou « eurocentricisé » (aliénation mentale et amour de l’occupation, syndrome de Stockholm) pour croire qu’un pays qui vous ACCORDE l’indépendance par un déclaration ou « négociation » politique (le plus souvent dans la métropole coloniale) pour croire qu’il vous laisse libre de vos mouvements.

Une indépendance réelle, c’est une RUPTURE avec l’occupation, et non un transfert de compétence, d’autorité, une passation de drapeau etc… Une indépendance réelle s’impose par la force afin de montrer à l’occupant que désormais il n’a plus mot à dire, voire n’a plus sa place sur le territoire national. Les américains (ex-anglais) ont chassé les anglais et leurs armées des Etats-Unis d’Amérique. Les européens ont chassé les allemands de leurs territoires, les chinois ont repoussé les japonais de la Mandchourie, les éthiopiens ont chassé à deux reprises les italiens de leurs pays, les haïtiens ont chassé l’armée esclavagiste et raciste française de Napoléon, etc… Voilà ce qu’on appelle INDÉPENDANCE au sens propre: chasser l’occupation et reprendre pleinement possession de SON TERRITOIRE, de SON DESTIN, établir SON PARADIGME et SE DÉFINIR SOI-MÊME sans interférence.

Devenir indépendant, c’est d’abord, et avant tout, défier la toute puissance de l’ancien occupation: le défier idéologiquement économiquement et militairement. Lui inspirer la crainte et le forcer à respecter ce que vous avez décider de devenir: un peuple libre qui a décidé, pour le meilleur comme pour le pire, de prendre son propre chemin.

Cependant, il peut y avoir des exceptions lorsqu’un peuple, malgré l’occupation a su préserver son identité ancestrale et son fonctionnement séculier en accord avec un paradigme local. Ces peuples, le plus souvent, parviennent à se démarquer même sans avoir obtenu une indépendance par la voie des armes exclusivement. Mais comme on le verra dans la partie qui suit, l’occupation auquel l’Afrique et les afro-descendants ont été confrontés ne s’est JAMAIS avoué vaincu et a toujours fait en sorte d’avoir soit un coup d’avance soit une stratégie globale lui permettant de rester présent, dans les esprits et les coeurs, tout en étant physiquement très loin.

L’ART DU TRANSFORMISME OU LES TRANSFORMERS

Un oppresseur qui te domine depuis cinq siècles, et qui le fait bien avec tout le sadisme, la violence, la haine et la férocité possible, ne peut qu’avoir développer des outils mais au-delà une logique de domination, une science de la manipulation mentale et spirituelle.

1- L’ESCLAVAGE

L’art du transformisme, selon moi, a commencé avec les premières oppositions entre européens et africains. Puis, il se sont adaptés pour mieux mettre pied en Afrique. Dès leur arrivée, ils n’avaient AUCUNE intention de repartir. On ne voyage pas des milliers de kilomètres en risquant sa vie, en perdant des hommes et ce pendant des mois et des mois pour dire « oh, c’est super ici mais faut qu’on rentre retrouver nos foyers en Europe ».

Ensuite, voyant le potentiel réel et le bénéfice intéressant à en tirer, après avoir tester l’esclavage sur leurs semblables irlandais et sans doute d’autres peuples, ils ont mué et déstabiliser les états africains en les opposants d’abord entre eux, opposant noirs christianisés et ceux refusant le christianisme, ceux proches des blancs et ceux refusant de collaborer avec eux. Ils laissent monter la tension, laissent les deux camps s’affronter, s’annihiler militairement, puis interviennent en venant en aide à ceux dont les rois avaient été christianisés (cas du royaume Kongo) ou qui réclamèrent leur soutien en écrasant militairement leurs « ennemis » en déportant des familles, clans, villages, villes entières pour que leurs « amis » nègres ne soient plus en danger. Et ces derniers reconnaissants, donnaient leurs filles en cadeau pour mariage, offraient des compensations économiques ou établissaient des « alliances » diplomatiques avec les cours européennes en envoyant leurs enfants y être « européaniser ».

Première étape du transformisme: se faire aimer de sa future victime, celui qui lui vient en aide in extremis face à aux ennemis, chose que l’on voit encore faire de nos jours. Observez bien la plupart des conflits africains où des forces occidentales sont intervenues directement indirectement.

Mais les rois africains ignoraient beaucoup de choses. Je dirai même, ils étaient volontairement maintenus dans l’ignorance par une caste corrompue par l’occupant car tirant bénéficie de la présence de ces derniers. Mais aussi leurpropre aliénation suite à leur christianisation ayant produit une rupture avec les croyances ancestrales et tout ce qui va avec: rites, communions mystiques, sciences cachées, etc… Ces rois savaient que leurs ennemis ayant survécus étaient emmener comme prisonniers pour qu’ils en constituent plus une menace sur le territoire du royaume. Sans doute pensaient-ils qu’ils étaient juste exilés dans des territoires lointains (si ils savaient…).

Seconde étape du transformisme: devenir l’exécutant de choix, l’Homme de Main Idéal qui ne se gène de pas de se salir les mains, celui qui se charge de trouver des solutions rapides et à faible coût (financier) pour leurs « amis » rois africains. Rappelez-vous certains chefs d’états africains (et leaders afro-descendants).

Mais ces rois ignoraient, je pense sincèrement, que leurs « ennemis » étaient déportés à des dizaines de milliers de kilomètres de là et réduit en esclave comme nous le savons. Alors, ayant affaiblis ses états africains, les « amis de l’Afrique » détruisent finalement ses royaumes, soit par démembrement progressifs en utilisant la stratégie ci-dessus, soit en les détruisant eux-mêmes parune guerre frontale lorsque les monarques, ouvrant les yeux d’une part ou d’autre part en refusant de se voir contraindre à donner d’avantage de « mains d’oeuvres » en puisant dans leurs propres populations. Mais étant devenu des royaumes plus petits, fragmentés, opposés les uns aux autres se suspectant mutuellement du pire, aucun ne vient en aide à l’autre et progressivement sont tous écrasés militairement et contraint désormais à fournir des esclaves sous peine d’être eux mêmes détruit. La plupart, durent, d’une manière ou l’autre, un moment ou l’autre refuser et donc se battre contre l’occupant européen et être vaincu au bout d’un certain temps et leurs territoires désignés comme « conquis pour Dieu et le Roi »

Troisième étape du transformisme: occuper militairement les royaumes, les soumettre et leur servir de réserves humaines pour accroître leurs économies en fournissant  de la main d’oeuvre à un nouvelle état récemment créée à l’autre bout du monde.

2- LA « COLONISATION »

Plusieurs facteurs ont menés à cette première variation, on peu citer les résistances de plus en plus forte des noirs en Amérique contre leurs maîtres, la défaite française en Haïti, la défaite italienne en Ethiopie, la résistance des africains sur le continent africain, causant d’énormes pertes militaires aux armes occidentales mais aussi le coût des expéditions militaires, et finalement le scandale des mains coupées de Léopold II de Belgique, le besoin des européens d’exploiter ENSEMBLE « l’île aux trésors » que s’est révélée être l’Afrique dont la conférence sera le point de cohésion des états occupants déjà militaire l’Afrique depuis au moins le 17ème siècle.

Mais pour ne se faire prendre au piège, et aidé par le christianisme qui y avait déjà pied et s’activait à changer les esprits et les coeurs, il leur fallait accorder un semblant d’humanité à leur occupation: construire des écoles, des hôpitaux, des routes, des infrastructures administratives ayant pour seul but de former, soigner, transporter les ouvriers, employés, militaires utiles à leur plan d’occupation de l’Afrique. Observez bien les routes et chemins de fer construits, tous prennent la direction de la côte pour évacuer les matières premières vers l’Europe.

C’est ainsi que l’abolition de l’esclavage est proclamée, par les mêmes qui l’ont pratiqué et en ont tiré d’énormes bénéfices pour leurs pays respectifs au détriment des peuples qui ont été massacré (Aztèques, Incas, Maya, amérindiens, etc…) et déportés de force et réduits en esclavage (Noirs d’Afrique, Irlandais, peuples d’Europe de l’Est, etc…). Du jour au lendemain, les négriers sont devenus des employés des appareils coloniaux ou des entreprises respectables faisant affaire en Afrique, comme si de rien n’était.

Le plus puissant outil de l’occupation de l’Afrique à cette époque là, ne fut, ni le canon du fusil, ni le sabre, ni les maladies et le feu mais… la christianisation et l’islamisation des peuples noirs, chacun avec sa spécificité et ses techniques visant à briser la cohésion culturelle ancestrale entre les Hommes et leurs Egrégores ancestraux. La mystification de l’Homme blanc, sa toute puissance technologique, scientifique et… militaire (car toujours utilisées même pendant la humanisation de l’esclavage) a aussi servi à garder l’Homme Noir impuissant, incapable de se révolter en masse pour reprendre en main son destin. Mais, là aussi, il y a eu des exceptions car même pendant cette « pacification » de l’Afrique, il y a eu des révoltes souvent sanglantes contre l’occupant européen, on peut citer les Hommes Léopards, les Mau Mau, les mutineries diverses dans les forces militaires coloniales, les soulèvements d’anciens royaumes, etc…

Ces sursauts, de ces résistances africaines, produiront quelques décennies plutard, aidés par un contexte géopolitique qui a vu des hommes noirs se battre dans des guerres au côté d’européen et les voir dans toute leur vulnérabilité, des esprits brillants, des héros, des visionnaires hors pairs: Sitoe Diatta, Kimbangu, Ya Asantewaa, Paul Panda, Maya Angelou, Jomo Kenyatta, Nina Simone, Nkrumah, Lumumba, Miryam Makeba, Rwagasore, Cabral, Césaire, Moumie, Um Nyobe, Winnie Mandela, Carmicheal, Fanon, Nyerere,  Biko, théophyle Obenga, Mandela, Touré, Rawling, Machel, Neto, Cheik Anta Diop, etc…

2- LA POST « COLONISATION »

Une autre étape de l’adaptation de ce quiest appelé depuis les années 60  et 70, l’impérialisme, surtout grâce à des évenements géopolitiques comme la guerre d’Indochine, guerre du Vietnam (guerre d’Indochine II), raid franco-anglais sur le canal de Suez, renversement du Sha d’Iran, échec de l’opération Eagle Clow des USA en Iran, l’opposition entre le bloc OTAN et bloc du Pacte de Varsovie, les révolutions Chinoises et autres chasse aux « dictateurs » dont la guerre perso de Reagan contre Kadhafi dans les années 80.

Quelle était la vision globale de l’Empire durant les années 70-80? Celle de (re)conquérir des pays récalcitrants et les soumettre, de maintenir ceux où des velléités d’insurrection contre l’occident et ses commissaires coloniaux mais surtout celle de s’établir durablement en vue des bouleversements qui allaient s’opérer dans les décennies à venir.Mais contrairement à certaines partie du monde, comme la Palestine, l’Amérique Latine qui étaient devenues les points centraux insurrectionnels du monde, l’Afrique connue une période assez « calme » avec une exception pour l’Angola et l’Afrique du Sud, mais aussi quelques foyers de tension à courte durée un peu partout.

Avec la chute du communisme comme modèle de gouvernance impérialiste, oui, il faut le dire, c’était une forme d’impérialisme aussi mais sans les avantages en nature et monnaie sonnante de l’impérialisme occidentale et capitaliste que l’Afrique avait connue depuis des siècles à son grand malheur, l’Empire a vu la préfiguration d’un nouvel ordre qui la placerait désormais au centre de tout. Désormais, il pourra réaliser ces projets sans grand obstacle sur son chemin mais il ne pourrait le faire en contraignant directement les peuples africains. Alors, l’Empire a mué à nouveau devenant le « Grand Ami » des peuples africains et « défenseur de la démocratie » dans un « Monde Libre (du communisme d’état) ».

La nouvelle soumission (comme si l’Afrique n’était pas déjà assez  soumise) n’est pas venue par les armes mais dans des désastreuses réformes économiques, poussant les états à plus de libéralisme, plus d’ouverture (comme si l’Afrique n’était pas déjà assez ouverte) aux marchés (occidentaux et surtout anglo-saxons), utilisant la dette comme outil de pression en lieu et place de la religion (déjà encrée dans les populations africaines et afro-descendantes) quelques siècles plus tôt. Tout africain qui se respecte se souvient de la vague des conférences nationales souveraines. Alors qu’elle avait lieu chez moi au pays, je n’avais que onze ans à l’époque, je croyais que nous étions les seuls, nous les zaïrois à l’époque, à vivre cet évenement. Or d’autres pays d’Afrique y sont passés aussi.

Le but de ces conférences étaient-elles réellement d’apporter la démocratie? Avec le recul et après avoir lu d’illustres contemporains comme Jean Ziegler, Patrick Mbeko, Dambisa Moyo, Achille Mbembe, Jean Pierre Mbelu, Amzat Boukary-Yabara et SAnou Mbaye entre autres, j’en suis arrivé à la conclusion que non. C’était de la fanfaronnade, du cinéma pour mettre une pression populaire sur les « élites » du moment et les forces à faire des concessions politiques, de faire entrer, dans le cas de mon pays, plus de désordre que d’ordre alors que les ajustements structurelles dirigées de main de maître par d’autres outils de l’Empire, le FMI et sa soeur jumelle la Banque Mondiale, avaient déjà mis à genoux les gouvernements comme un prédateur blesse mortellement sa proie et la laisse courir encore quelques centaines de mètres en se vidant de son sang pour mieux la dévorer une fois a terre mais respirant encore, car la viande est toujours meilleure fraîche…

Cette étape de mutation, que j’appelle La Morsure Fatale, avait pour but d’affaiblir les états africains, d’exacerber les appartenances « tribales » des uns et des autres afin de, in fine, morceler certains grands états comme le Zaïre dans des états bien plus petits, faibles et donc faciles à dévorer. On voit le cas du Sud Soudan, de la Libye et de plusieurs autres tentatives comme en Irak, Syrie, Somalie, Côte d’Ivoire, Mali, etc… Cette Morsure a été en effet fatale pour plusieurs pays mais sans commune mesure avec le Zaïre qui à monsens était la cible numéro Une de l’Empire. Je m’expliquerai avec un langage purement militaire:

Quand une cible est trop grosse, mais que surtout lorsqu’on est pas en guerre ouverte avec celle-ci (guerre conventionnelle), il faut l’attaquer non seulement sur ses points faibles intérieurs (inégalité, injustice, répression, absence de « pluralité » politique) mais aussi créer des points de tension extérieurs, à ces frontières qui viendront empirer la situation intérieure de ce pays cible soit par un soulèvement populaire qu’on aura pris le temps de préparer depuis l’extérieur (par des formateurs spécialistes en guérilla urbaine) ou alors par un conflit frontalier qui devra finir par déborder sur son voisin dont on aura à l’avance affaibli l’armée par plusieurs stratagème:

  • Assurer aux hauts officiers, via des « réseaux d’amis blancs », la possibilité de faire fuir leurs familles, (contre) leurs fortunes et informations sur les dispositifs défensifs de l’état.
  • Fermez les yeux sur les détournements des financements par ces officiers et administrateurs civils tout en continuant à donner de l’argent (dettes qui tombera sur le dos du prochain gouvernement « démocratiquement élu »)
  • Fermez les yeux sur la « tribalisation » des forces armées (pour mieux l’exposer ensuite).

Une fois ce stratagème mis en place, il faut attendre l’effondrement intérieur, comme le cancer qui tue une personne de l’intérieur sans qu’un symptôme flagrant ne soit visible de l’extérieur. C’est une guerre moins coûteuse pour l’occupant en argent, équipement et en homme mais hautement coûteux pour le peuple envahi ou libéré, c’est selon, en vie humaine et en pillage économique. Et le plus judicieux c’est que sur le terrain, on ne verra que des locaux, dont les voisins, mais aucun allochtones européens. On appelle là la Guerre Proxy, ou par procuration même si dans ce cas, ce ne sont pas deux états qui s’affrontent indirectement. Et le nouveau régime en place se saura redevable de ses soutiens et collaborera efficacement, comme les rois soumis par la force aux négriers européens, au pillage de son propre pays en recevant des compensations suffisante pour les bons et loyaux services.

Alors lorsque comme dans le cas du Zaïre, une invasion militaire débute, précédée elle-même par une crise humanitaire du à un génocide chez son voisin, prétextant poursuivre les auteurs du génocide sur le sol de son voisin,une poursuite donnant naissance à un armée d’invasion que rien n’arrêtera, (sauf quelques actes de bravoures de militaires voulant honorer leur serment de soldat, eux-mêmes victimes des officiers corrompus selon le stratagèmes ci-haut) et ce jusqu’à la chute d’un président et son remplacement par les armes et l’auto désignation avec approbation de l’Empire et du peuple qui se dira « libéré de la dictature ». Et là, le piège se referme, et le peuple est partit pour un nouveau tour de manège.

Et à nouveau, l’Empire s’adapte passant désormais pour le protecteur des droits des peuples à la liberté, la démocratie et le respect du droit international déversant ses ONG et autres institutions plus ou moins fréquentables pour s’assurer que les africains se sentent libres, mais pas trop. Et le cas échéant, on crée un mouvement rebelle pour calmer et le peuple et le président en place afin de lui rappeler qui est le vrai patron.

3- LA NEO « COLONISATION »

La frontière est très mince, voir inexistante entre le néo colonialisme et le post-colonialisme. Pourquoi? Par les formes de prédation mais aussi les formes de présence du prédateur, l’Empire.

Je m’explique: durant les années 60-70 au début des années 90 (les conférences nationales), l’ancien occupant (toujours présent) pratiquaient une forme de pillage « soft » c’est à dire dans lequel, les états prédateurs possédaient un pré carré dans lequel ils décidaient de qui pouvaient y faire affaire ou pas (avec eux). Ceci valaient pour les entreprises, toutes origines confondues et les états dans une certaines limites. J’en tiens pour preuve le rapprochement entre le Zaïre et la Chine dès les années 70 pour plusieurs contrats de construction d’infrastructures comme le Pont Maréchal, pour ne citer que lui, au détriment d’entreprises belges (ex-« puissance » coloniale). Les français avaient le leur, de même que les belges, les anglais. (Les portugais avaient perdu l’essentiel des leurs au profit d’un soutien accru de l’Union Soviétiques et de Cuba dans le cas de l’Angola, Mozambique, etc…).

Ensuite, avec la chute du Mur de Berlin, étant devenu LA superpuissance mondiale, les USA et leurs cousins anglo-saxons se sont mis en marche pour, premièrement en finir avec le système des pré carrés pour asseoir leur domination politique de manière directe sur toute l’Afrique, en traitant directement avec les gouvernements en place (ou à faire mettre sur place par eux), ensuite pour ouvrir aux entreprises anglo-saxons (comme dans le cas de la conférence de Berlin) toute l’Afrique pour y faire des affaires, principalement dans les hydrocarbures, les mines, le bois et… les « Services », j’y reviendrai après.

Donc, la différence elle est là, le néo colonialisme c’est la fin des pré carrés des uns et des autres, l’imposition d’un nouveau Supra Colon qui a non seulement coloniser l’Europe (oui, il faut le dire, l’Europe est devenue une colonie politique soumises aux USA leurs cousins anglo-saxons: les accords OTAN, TTIP, TAFTA, CETA, etc… profitent d’abord aux anglo-saxons pas aux autres européens du continent).

DERNIERE MUTATION?

Au total, l’empire aura muté six fois, dont trois fois pour la seule période pré occupation (pré coloniale), uniquement pour asseoir l’esclavage à son arrivée mais ça lui a pris du temps. Mais plus on avance dans le temps, plus la mutation, l’adaptation de l’Empire se fait rapidement et dans des délais courts. Les trois premières mutations sont étalés sur au moins trois siècles, là où les trois dernières mutations se sont faites sur à peine un siècle et une décennie.

Que faut-il comprendre? Je ne dirai pas que c’es simple mais c’est presque ça. L’Empire est entrain de jetter ses dernières forces dans la bataille non pas pour occuper des territoires mais pour s’encrer irrémédiablement dans les esprits. Les seules pays d’Afrique, où l’Empire a su s’établir durablement et humainement sont l’Azania (Afrique du Sud) et le Zimbabwe mais aussi, la Namibie mais c’est tout. Ce sont les seuls pays d’Afrique avec des populations entières d’africains « blancs », des descendants d’occupants européens. Les seuls autres terres occupées durablement de la sorte sont l’Australie, la Nouvelle Zélande, les Antilles « françaises », « néerlandaises », « anglaises » et les tristement célèbrent Amériques (du nord au sud).

Donc, ce à quoi nous assistons ce sont parmi les dernières forces vives que l’empire jette dans la bataille, une bataille à première vue contre la Chine pense-t-on. Mais en vérité une bataille contre l’Afrique de demain, celle qui dans 30 ans vers soit arriver au niveau actuel de la Chine soit la dépasser. Mais après le cycle de croissance de la Chine, il y a un cycle Afrique qui va commencer et, espérons-le, que ce cycle là verra la naissance ou la montée en puissance des Etats-Unis d’Afrique.

L’Empire a bâtit sa puissance financière sur la prédation, le pillage et le génocide, alors dès le moment où une ou d’autres puissances, l’empêchent de pouvoir continuer à agir de la sorte, elle perd non seulement économiquement mais aussi politiquement et commencera à décliner. Et le déclin de l’Empire se fait sentir depuis au moins une dizaine d’années, depuis qu’il y a une forte convergence entre les intérêts russes et chinois sur plusieurs dossiers géopolitiques importants. L’Empire perd en crédibilité, en capacité de nuisance dans une certaine mesure. Alors, très récemment, Il est entrain d’opérer une septième mutation, celle de la séduction. On entend tous parler de mouvements citoyens dans les sociétés civiles en financer par des ONG occidentales, des programmes culturelles soutenus par des centres culturels occidentaux voire même directement par des ambassades occidentales, des dizaines de jeunes accueillis en grande pompe chaque année en Occident pour participer à des initiatives visant les jeunes leaders potentiels de demain du continent africains etc…

Je pourrai vous citer la « superbe » initiative YALI, un projet made in USA et qui est active depuis des années maintenant. ne cherchons pas à philosopher « de midi à quatorze heures », le but est de séduire les jeunes africains actifs dans une optique où « Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique est votre ami et ne vous laissera pas tomber« . Et très vite, vérifiez par vous-mêmes, d’autres initiatives de ce genre se mettent à fleurir en Occident, des gouvernements via des ONG ou institutions « bankable » comme le Parlement Européen, mais aussi les parlements, sénats et autres institutions locales, propres à certains pays européens se lancent aussi dans ses opérations séductions qui a première vue n’en ont pas l’air.

Et si vous observez bien, vous remarquerez que ce sont essentiellement les anciennes « puissances » coloniales et d’autres états ayant un poids géopolitiques certains dans l’Union Européenne, l’ONU ou l’OTAN qui organisent ce genre de rencontre à caractère hautement politique: France, Belgique, Royaume Uni, Allemagne, Pays Bas… USA, Canada. Vous pensez que c’est un hasard? Non, ça ne l’est pas! C’est une énième tentative de mutation qui est en cours, l’Empire sait que son plus gros ennemi, ou obstacle, dans 20 ans ce ne sera ni la Chine ni la Russie mais bien le Panafricanisme comme vous auriez pu le lire dans un rapport du ministère français de la défense résumé dans ces mots: « Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l’Occident« 

Et pour finir, je citerai le Grand, l’immortel, Aimé Césaire qui dit dans son livre Discours sur le Colonialisme : « La civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde »

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