L’église catholique belge présente ses excuses aux métis. Et les autres?

Le 27 avril 2017, parait un article de presse faisant état des « excuses » de l’église catholique belge pour, je cite:  » la manière dont ils ont été traités par les ordres et les institutions catholiques ».

Petit rappel historique: Au Congo, au Rwanda et au Burundi, de nombreux enfants sont nés d’une union entre un homme blanc et une femme africaine. A l’époque coloniale, les blancs et les noirs vivaient de manière séparée et ces enfants perturbaient donc l’ordre social établi. Bon nombre d’entre eux n’étaient pas reconnus par leur père et furent envoyés dans des institutions religieuses pour recevoir une éducation. A la fin des années 50, alors que l’indépendance approchait, des centaines d’enfants métis ont également été envoyés en Belgique, sans le consentement écrit de leurs mères. Ils ont ensuite été confiés à des familles d’accueil ou d’adoption. Ils grandirent en Belgique, tout en étant considérés comme des étrangers et en perdant contact avec leurs familles en Afrique.

Suite à cela, les évêques de Belgique ont demandés à leurs institutions, d’Afrique et de Rome à mettre toute documentation en leur possession sur les métis à disposition, afin de permettre à ces personnes de retrouver des parents en Afrique.

Initiative louable, car j’ai dans ma famille des métisses aussi un parcours presque similaire mais sans réel lien avec l’église catholique. Du moins, ceux que je connais. Cependant, la raison de ma publication touche à la partialité de ce genre d’initiative. L’église catholique belge n’aurait-elle eu que de tels agissements inhumains vis à vis des seuls métis congolais? Ont-ils été les seuls enfants arrachés à leurs familles et envoyés en Europe ou pire, transformés en « boy » et autres garçons d’église?

On pourrait aller plus loin dans le raisonnement et se demander, qu’en a-t-il été des comportements pervers des prêtres sur les enfants (métis ou non) à l’époque, à la lumière des scandales de pédophilies et attouchements connus de nos jours? L’église aurait-elle conservé des « documents »sur les actes immoraux de ses prêtres sur les jeunes filles et jeunes garçons (non métis) au Congo? Je ne pense pas. Alors pourquoi ce zèle? Sans aucun doute parce que des organisations, des lobbys, constitués de métis ont fait valoir un besoin de réponse à cette problématique à l’instar de l’initiative d’Ella Elesse dans son documentaire »Sang Mêlé » qui a quelque part lancé officiellement et ouvertement le débat sur la question.

Pourquoi l’église est-elle enclin à reconnaître certains tords et pas d’autres? N’y a-t-il eu que le cas des métis à reprocher à l’église catholique au Congo? Non. Il y en a d’autres, principalement la « mission » qui était la leur: déculturer les peuples et les reprogrammer pour en faire des bons serviteurs de l’occupant belge. Et pour ceux qui résistaient, il y avait des moyens de rétorsions comme la punition, allant de la plus « douce » comme la privation, l’éloignement, à la plus dure comme la chicote. Mais il y avait aussi l’armée ou plutôt la Force Publique que l’on devrait appeler l’armée coloniale de répression, on y envoyait les « têtes dures » pour y mourir lors des campagnes coloniales et autres guerres, dites mondiales, mais qui en vérité étaient surtout européenne à la base.

Il fallait se soumettre à l’église et son évangile de conquête, sans se questionner. Il fallait renier ses racines, sa culture, son nom, sa spiritualité, se détourner de l’autorité traditionnelle, du culte de ses ancêtres et embrasser avec fougue tout ce qui est de Rome. Il fallait parler le latin, le français ou le flamand, réciter des prières et des lire dans une langue qu’on ne comprenait pas ou dont on ne saisissait pas le sens profond des mots, des tournures de phrases et que sais-je. Et surtout il fallait obéir, faire les quatre volontés du prêtres, dans tous les sens du terme…

Des peuples entiers ont été arrachés à leur identité, leur culture ancestrale, leur mode de vie et de penser, par une église coloniale dont le but n’était que l’occidentalisation ou la « belgicisation » de l’Enfant Noir qui ne devait plus suivre le chemin de ses Pères mais de s’en détourner pour devenir un Blanc et un bon chrétien. On appelle ça le GÉNOCIDE CULTUREL, un crime de masse bien plus grave que n’importe quel charnier dans la mesure où ce génocide se perpétue automatiquement dans le subconscient des gens, les empêchant d’être, collectivement, eux-même. Et c’est là, que se mène la plus importante lutte de la libération africaine: celle des esprits et des cœurs que toute une génération de congolais, et d’africains, mènent depuis quelques années déjà via le panafricanisme et l’afrocentrisme.

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