L’Africain a-t-il besoin de (plus de) démocratie?

Je débuterai cette réflexion en vous disant d’abord deux choses, premièrement le choix des mots, de la langue, que l’on utilise et le choix du modèle sociétal que l’on s’applique. Nous serions tenté de dire que l’Africain (les élites corrompus) n’aiment pas respecter les règles du jeu. Sans doute, mais avec qui jouent-ils à ce jeu? N’est-ce pas avec l’Occident et les multinationales qui sont les premiers à en profiter? Or, on le sait, pour ceux qu connaissent, un minimum, l’histoire de l’Afrique, que les peuples noirs ont eu des modèles de gouvernance qui n’ont rien à envier à l’Occident, et je dirai même, auxquels l’Occident en déconfiture ferait mieux de prendre exemple.

LA DEMOCRATIE DES « GENS DE MAISON »

Pour ces gens la démocratie c’est « pousse toi de là que je m’installe ». Observez dans des pays comme le mien, qui se dit démocratique depuis le 17 mai 1997. vous verrez bien qu’en vérité rien n’a changé sauf la vitesse et les outils de prédation et de pillages. Pourquoi? parce que ceux qui ont pris les places des autres n’étaient nullement venus avec des intentions louables de mieux faire. Ils étaient là pour permettre aux prédateurs historiques de venir se servir dans les richesses du pays comme dans un supermarché sans caissières ni surveillant.

Cet état de démocratie sert surtout à avoir les faveurs de l’Occident et de bénéficier de ses (faibles) largesses. Donc, beaucoup de pays africains prennent le titre de démocratique pour donner un gage de bonne volonté et surtout correspondre à la grille d’évaluation des candidats acceptables pour les prêts des grandes institutions financières du monde, toutes tenues par l’Occident.

Ils ont constamment ce mot là en bouche mais ne l’appliquent pas, sauf lors des élections, et même là, le peuple n’est pas pris en considération car voyez l’écart en année lumière entre les promesses et les actions, mêmes les choses les plus basiques ne sont ni faites ni respectées. La démocratie c’est une question du pouvoir venant du peuple pour le peuple via ses représentants. Or ce système montre des failles terribles, même en Occident, et il est vital pour l’africain d’y trouver une solution.

LA SOLUTION A LA DEMOCRATIE BIAISEE

La solution consiste d’abord à reconnaître que l’on est malade, que l’on a un sérieux problème de fonctionnement et de cohésion sociale. Certains pays feraient bien de faire le bilan de leur situation tous les ans que de dépenser stupidement de l’argent à organiser des marches militaires pour exhiber de l’armement dont des pays comme le Congo-Kinshasa se montre incapable de les utiliser à bon escient dans l’Est du pays.

L’africain doit se replonger dans les modèles de gouvernance mis en place par nos ancêtres, s’en inspirer et les adapter à nos réalités actuelles. Car il faut bien comprendre qu’il n’existe pas un type de démocratie mais plusieurs, selon les états, c’est à dire, leur manière de fonctionner en cohésion avec les aspirations du peuple(même si certains ne s’interdisent pas de le manipuler en utilisant la peur). C’est ainsi qu’on des démocratie à l’Américaine (voix des grands électeurs par exemples), à l’anglaise (monarchie parlementaire), à la française, à la belge, à la chinoise, à la saoudienne etc… Mais ensuite, il y a les principes de démocratie ou les standards.

Mais le problème n’est pas l’ensemble des principes mais bien les standards de démocratie. Les principes disent en gros: « idéalement ça doit fonctionner comme ceci) or les standards disent « ça doit fonctionner bien mais surtout ça doit nous correspondre, nous plaire à nous occidentaux.

Les décennies qui arrivent sont des plus favorables pour l’Afrique. car des changements mineurs sont déjà amorcés depuis une décennies. Et tout ceci doit nous emmener vers une convergence où il nous faudra avoir d’abord retrouvé le chemin qui mène vers le Nous. Avant tout chose, l’Afrique doit se définir c’est à dire: je suis un tel, j’ai été ça au par avant maintenant je suis ça et je veux changer pour aller de l’avant sur base de ce que je suis et ceux qu’ont été mes ancêtres.

UN MODÈLE DE DÉMOCRATIE PROPRE A L’AFRIQUE?

Non, simplement un respect des règles établies et de celles à venir. C’est ce respect là, pratiqué par tous qui définira le genre de modèle que l’on voudrait. C’est la culture du respect, celui de ses engagements, celui des textes de lois et du rapport aux anciens et à nos cultures ancestrales. Toute grande nation voue un respect énorme à sa culture, qu’elles soient appréciées ou pas par tout le monde, mais elle le fait.

Pour ce qui est purement du modèle démocratique pour l’Afrique, je dirai, il faut revoir la constitution de nos parlements, sénats ainsi que leurs rôles mais surtout, et j’insiste une nouvelle culture du respect des engagements et des textes. Nous devons arrêter de faire des institutions en copiant l’occident mais la colonisation est passée par là.

Ca peut-être un état avec un sénat doté des compétences du parlement national, une sorte de pré gouvernement qui contrôlerait les actions du président (élu directement par le peuple ou le sénat ou les députés des provinces) et du gouvernement (avec ou sans premier ministre) avec des parlements provinciaux au plus prêts des questions touchant surtout les provinces concernées.

Ca peut-être un état avec un Conseil National ou Conseil d’Etat composé d’un représentant de chaque peuple élu uniquement par ces semblables locaux (reprenant le rôle du sénat qui n’existerait pas) avec une présidence tournante (pour les grands états africains) contrôlant le travail du gouvernement, avec ou sans premier ministre, élu directement par le peuple. il pourrait y avoir des parlements locaux par peuple exerçant un contrôle du travail du gouvernement sur des territoires administratifs précis.

On peut imaginer aussi un système (con)fédéral avec un gouvernement fédérale avec un sénat fédérale regroupant les plus expérimentés des politiciens dont le but serait consultatif, des parlements et gouvernements régionaux selon les peuples ou provinces pour une application locale des décisions fédérales.

Ou alors une composition standard avec, un président, un sénat, un gouvernement avec primature, un parlement nationale, des parlements provinciaux et des institutions locales transnationales pour les peuples se retrouvant de part et d’autres d’une frontière exerçant une pouvoir similaire à celui des lobbys des deux côtés de la frontière.

je tiens à souligner à juste titre que la question des frontières de a conférence de Berlin nous appelle à faire preuve d’imagination. Car je ne crois pas que l’on pourra abolir ses frontières, même dans 30 ans, non. Ce que l’africain devrait faire c’est de mettre en place des institutions consultatives sous forme de groupes de pression qui regroupent les citoyens de plusieurs états différents appartenant à un même peuple et dispersés entre plusieurs pays. C’est selon moi, la manière la plus pratique et pragmatiques de « règler » la question du tracé des frontières africaines par et pour l’européen.

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