LA REGRESSION CULTURELLE: CONCEPT ET PHENOMENE IMPORTANT, EN PLEINE ACTION SOUS NOS YEUX !

par le Dr Wonkiamma Ankhiman

 

Lorsque ce concept fut forgé par le Wasira Cheikh ANTA DIOP pour expliquer l’écart culturel et l’amnésie généralisée qu’a connu Kemet après la période qui a suivi la perte de l’indépendance politique de notre verrou de sureté qu’était Ta Mery (l’Egypte des égyptologues) à partir de – 525 av.J.C, sous la conduite de Cambyse le Perse, jusqu’à +639 arrivées violente et occupation des arabes dans ce même territoire sous la conduite du général Amr ; c’est-à-dire près de 1.000 ans d’occupation étrangères violente et de destruction systématique des savoirs et des savoir-faire locaux.

Au point où au 19e siècle le Comte de Volney constate un abâtardissement phénotypique et culturel chez les Coptes, qui ne savent même plus de qui ils descendent et ceux que leurs ancêtres ont réalisé dans l’histoire universelle (Les Égyptiens étaient de vrais nègres de l’espèce de tous les naturels d’Afrique ; et dès-lors on explique comment leur sang, allié depuis plusieurs siècles à celui des Romains et des Grecs, a dû perdre l’intensité de sa première couleur, en conservant cependant l’empreinte de son moule original Cf. Comte de Volney, Voyage en Syrie et en Égypte, 1787).

Ce concept n’est jusqu’à aujourd’hui pas utilisé par l’ensemble du corps des sciences sociales pour expliquer en grande partie la dynamique d’inertie sociale et culturelle qui caractérise Kemet aujourd’hui alors que DIOP indique – si nous considérons simplement la chronologie courte, celle qui va de 1441 à nos jours- que « il y a une véritable « régression en Afrique Noire, surtout au niveau du peuple, mais elle est due à la colonisation (Cheikh ANTA DIOP, Nations nègres et culture, Paris, Présence Africaine, 1954, p.350). Ici, en appliquant le principe de causalité historique, il est patent de remarquer qu’il y a des causes exogènes, d’abord, ensuite des causes endogènes, qui va précipiter les peuples kémites progressivement dans une profonde régression culturelle. Le cas soumis dans cette vidéo en est la preuve !

La guerre qui sévit en RDC n’est pas le fait du peuple congolais qui serait viscéralement violent et congénitalement inculte, puisque ni le coltan, ni le niobium ou encore les autres richesses minières n’ont fait l’objet d’une guerre ou d’un génocide avant l’arrivée des compagnies minières et concessionnaires occidentaux dans cette région de Kemet.
Par conséquent, la conquête énergétique de l’Occident via les terres kamites sont la raison première de ce déséquilibre social dans la société endogène congolaise.

Ensuite, la rivalité occidentale énergétique va se matérialiser par l’instrumentalisation de quelques « indigènes véreux » (selon la formule d’Arthur Bordier dans la colonisation scientifique et les colonies françaises, 1884 b, IX, : « Le colonisateur doit utiliser au mieux les différentes potentialités des races humaines…si la tête doit être européenne, les bras ne peuvent qu’être que « colorés »…Si les peuples rebelles et guerriers doivent être soumis par la force, il ne faut pas maltraiter les indigènes indispensables à la mise en valeur des colonies, mais chercher à en faire des collaborateurs »).

Ensuite, après l’instrumentalisation des collaborateurs indigènes par les colons via les multinationales, revient le tour de l’instrumentalisation des masses indigènes par ces derniers ayant pris le costume de leader de ces masses face aux colons. C’est à ce niveau dans la structuration de ce système que la dépendance s’installe considérablement, puisque le colon via les multinationales programme de façon systématique la désintégration des systèmes endogènes via les contrats signés avec les collaborateurs indigènes qui sont parallèlement les leaders des communautés locales, les collaborateurs indigènes instaurent des systèmes de dépendances aux communautés locales qui n’ont pas d’autre choix que de céder à ce chantage odieux, car de l’autre côté les multinationales agissent déjà, et la boucle est bouclée.
Avec ce système en boucle, dès lors qu’un autre acteur étranger rentre en scène ou bien un autre acteur indigène réclame sa part, alors le système se défend, en faisant de la population le terrain de jeu macabre qu’ils ont appelé « guerre ethnique, guerre intestine, etc… ».

La conséquence de cette mise en scène est la perte pure et simple, au niveau du peuple de presque tout ce qui fait L’HUMANITE :
– pertes des valeurs civilisationnelles et culturelles,
– perte des valeurs morales, perte des savoirs et des savoir-faire,
– amnésie collective, re-tribalisation du tissu social,
– renforcement des superstitions macabres,
– désenchantement, eschatologie idéologique,
– ignorance généralisée du peuple,
– aliénation culturelle, etc.

De façon résumée voici la REGRESSION CULTURELLE A L’OEUVRE SOUS NOTRE NEZ ET BARBE, ET POURTANT DANS NOS ANALYSES HISTORIQUES ET SOCIOLOGIQUES OU ENCORE GEOPOLITIQUES, NOUS NOUS INTERDISONS DE L’INTRODUIRE COMME LE PARAMETRE CONSTANT DE CE QU’EST KEMET APRES L’OCCUPATION PROLONGEE DES ETRANGERS.

L’histoire nous enseigne que les mêmes causes entrainent les mêmes effets, alors est-ce à proprement que nous avons décidé de ne pas l’intégrer dans nos analyses intellectuelles et académiques ou bien nous entrevoyons la menace de ne pas faire partie de l’élite collaboratrice et ne pas bénéficier des largesses du colon si nous s’y aventurons ? La question reste entière et à chacun de donner la réponse qui convient pour sortir de ce cercle vicieux

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