Gestion de conflit Interpersonnel: le Principe du « Respect et de Raison(-nable) »

Les conflits entre adulte sont souvent, au fond, une question de RESPECT et de RAISON (-nable).

Lorsque vous êtes appelez à vous interposer ou vous impliquer dans une crise, il est bon de savoir prendre du recul, même si il s’agit d’un proche – et c’est souvent les cas les plus durs émotionnellement – afin d’avoir une vision d’ensemble.

Avoir cette vision d’ensemble loin de la passion qui habite ou nourrit un problème vous permet de réfléchir à FROID aux meilleures options. Et à ça deux questions doivent instantanément vous venir en esprit, des questions simples: sommes-nous obligé d’aller en guerre (violence) ou pouvons-nous revenir à une situation de paix ou status quo antérieur?

Aller en guerre suppose qu’on a soit épuisé toutes les possibilités de paix ou qu’un acte de violence extrême à été posé. Et si on veut aller en guerre il faut 1- être sur de sa capacité à tenir dans la durée ainsi que ses capacités de frappe létale qui brisera la volonté et la capacité de l’autre à vouloir continuer la guerre. Mais il ne faut pas perdre de vue aussi l’impact de nos guerres d’adulte (guerriers) sur les « civils » (nos enfants).

Revenir à une situation de paix ou de status quo antérieur demande autant d’effort car il y sera question de faire jour le Droit c’est-à-dire le Respect et la Raison.

Nous, humains, aimons toujours dans un conflit, parfois le plus basique, faire valoir nos arguments dans le but de se placer du côté des « gentils » et l’autre des « mauvais ». Mais ce n’est pas aussi simple que ça surtout lorsque les prémices d’un conflit n’ont JAMAIS été compris et désamorcé correctement.

Il est, et sera toujours bon, de revenir à la source d’un problème et ses cas non traités pour pouvoir faire jouer le droit à la paix de chacun. Donc il ne faut jamais partir du postulat que l’un à raison et l’autre tort. Ça fixe les parties en présence dans des camps opposés au lieu de les emmener sur un terrain neutre où il vous sera possible de manœuvrer avec finesse, sagesse et diplomatie. Mais il faut déjà être soi-même dans une position crédible vis-à-vis des deux parties.

La paix c’est comme l’unité, elle ne se décrète. Elle se créée par des PAROLES, des ATTITUDES et des résolutions capable de fédérer deux parties belliqueuses en présence et les emmener sur le chemin de la désescalade progressive. Mais pour cela, il faut bien commencer quelque part, poser un premier geste, donner une première parole, bref prendre une initiative et presque l’imposer avec intelligence, tact et persuasion aux deux parties en présence.

Les problèmes interpersonnelles sont aussi et surtout des problèmes de communication  (verbale et gestuelle) qui peuvent permettre de prêter à l’autre soit de bonne intention, ou du moins, vous donner une impression neutre voire positive soit une impression négative voire hostile.

Il existe une pratique universelle humaine toute simple, qu’on retrouve même dans le monde animal : la salutation. Saluer d’un geste de la main ou d’une parole est une manière de dire au l’autre que l’on a aucune intention hostile (sur le moment) contre lui, c’est lui dire qu’on vient en paix et qu’on lui souhaite la paix (“A Salam Aleykoum” = Quel la paix soit avec toi) et qu’on lui souhaite le meilleure (“bonjour” = je vous souhaite une bonne journée). Ce simple « geste » permet déjà de briser toute sentiment d’hostilité pensée par l’autre, du moins chez les personnes normales fonctionnant avec les mêmes principes. D’où l’importance de saluer une personne que vous croisez souvent ou qu’il peut vous arriver de croiser du regard dans un lieu public.

L’une des seules choses qui rend cela impossible c’est l’ego surdimensionné qui habite les gens. Cette maladie mentale qui consiste à croire qu’il revient d’abord à l’autre de vous saluer et que vous êtes libre de répondre ou pas : FAUX ! Lorsque l’on vous lance un signe de paix, peu importe la personne ou les intentions que vous lui prêtez, sans même la connaître  (et d’ailleurs même si vous la connaissiez), répondez aussi par un signe de paix. Les conflits commencent là… Mais nous le réalisons pas car nous sommes trop englués dans notre égocentrisme.

Donc, en vous retrouvons au cœur d’un conflit interroger les personnes concernées, d’abord à part, et faites vous une idée sur la question du Respect. Y a-t-il eu manque de respect ? Si oui, de la part de qui et pourquoi. Si non, alors on passe l’éponge et basta !

Ensuite, analysez le problème à froid et demandez-vous si les actions et réactions en rapport avec la question du respect ont été raisonnable ou déraisonnable. Si oui, en quoi et sur base de quoi il fait considérer la chose comme déraisonnable ? Comment ramener les gens à la raison ?

Ne jamais chercher à savoir qui a tord ou qui a raison ou donner directement tort à l’un ou l’autre SURTOUT lorsque vous n’étiez pas là à l’instant T où la crise a débutée.

Il est clair que nos premières réactions dans un conflit intense impliquant un proche, notre instinct primaire est celui de la défense de son groupe (son foyer, son couple, ses enfants, sa famille, ses amis etc…). Mais même les animaux savent se comprendre et régler leurs différents. Mais eux lorsqu’ils se battent le combat ne finit pas forcément par des blessures graves ou la mort de l’autre. Hors nous les humains sommes devenus pires que les animaux car notre instinct est devenu celui de l’annihilation de l’autre.

Oui, après on débattre des siècles sur les exceptions mais là aussi il faut faire preuve d’une capacité d’analyse en profondeur d’une situation et pas juste de surface pour régler un problème. Face à un fou qui parle beaucoup, il faut avoir deux attitudes : 1- l’ignorer et le laisser seul avec voix intracrânienne, 2- la dissuader de dépasser les limites par un raisonnement froid et calme en faisant appel au principe du Respect et de Raison.

Mais si malgré cela, le fou refuse de revenir à la raison et monte d’un cran, il y a aussi deux réponses : lui donner un avertissement et partir ou monter d’un cran et vous préparer psychologiquement à une frappe. Le mieux serait de ne pas frapper en premier afin de garder la Raison de votre côté.

Mais si frappe il y a sachez que celui qui gagne sur le moment, n’est pas forcément celui qui est le plus fort ou qui a eu le dernier mot. Il faut garder à l’esprit la possibilité de représailles, soit directement sur vous ou sur un de vos proches ou alors un jour inopportun où vous serez en infériorité numérique. Et comme l’être humain est le pire des animaux, vous irez chercher d’autres personnes ou des moyens de frappe beaucoup plus létales afin de vous venger. Et cette escalade continuera ainsi jusqu’à ce qu’une personne de bon sens habitée par la notion de Respect et Raison décide d’user de ses moyens pour mettre fin au conflit.

Bien souvent, le fou croit être plus fort que tout le monde. Mais il y a pire que le fou, il y a plus dangereux qu’une personne avec une grande gueule, c’est la personne qu’on ne voit pas venir. Celle qui, bien que incitant tout le monde à la paix est capable de bien plus de violence car ça violence à elle prendra le fou par surprise et pourrait même briser sa capacité de réaction. Mais ce n’est pas garanti car C’est un nouveau conflit que l’on ouvre avec les conséquences qui vont de pair.

Le respect et la raison… Le notion de respect peut nous forcer aussi à le faire valoir par la force. Mais en lui est place d’exercer une frappe, choisissez la dissuasion. Et dissuasion ne veut pas dire menace mais la capacité d’aller beaucoup plus que l’autre et de le détruire mais aussi de vous autodétruire vous-mêmes. Exemple, faire savoir à une personne qu’un acte de violence directe vis-à-vis d ma femme, mes enfants, ma mère, mes sœurs, mes frères ne restera sans conséquence immédiate et brutale qui a user d’une violence qui pourrait me mener en prison. C’est une réalité que j’ai déjà programmé dans ma tête de « fou intériorisé et maîtrisé ». Et cette dissuasion commence par notre attitude, pas nos mots. Les mots doivent venir après, de même que les maux.

Le respect et la raison… La raison peut mener aussi à faire valoir l’option de la force lorsque face à soi on a une personne qui ne fait nullement preuve de retenue ET de respect. Mais la raison nous poussera d’abord tenter de… ramener à la tension vers le bas. Et c’est seulement si cette possibilité la échoue et face à une personne qui passe d’hostile à agressif que la raison peut nous signifier le droit d’exercer une frappe préventive  ou action de neutralisation rapide. Le but ne sera jamais d’annihiler la personne mais briser sa volonté à combattre.

Et la dernière chose, et une des plus importante, que l’on néglige trop c’est l’anticipation !!! Il faut apprendre à prendre de l’avance une personne qui se montre ou s’est déjà montrée hostile par le passé. Il faut développer une capacité à voir venir. L’anticipation c’est comme le combat à main nue ou armée : ça s’apprend mais ça demande bien plus au niveau du cerveau et de l’esprit que des bras.

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