EXTRAIT LIVRE: LES CHRONIQUES DE L’EMPIRE NTU – TOME 2

PROLOGUE 

Depuis le départ de Sawati III pour la forteresse de Katombé-Mongè un voile d’incertitude avait recouvert l’Empire Ntu. Un si vaste empire traversant une crise interne attirait irrémédiablement les appétits de tous, même de ceux qui jusque là se voyaient petits et faibles face à lui. Tous commençaient à acquérir de l’assurance. Tous commençaient à rêver de trésor, de pillage, d’annexation, de découpage, de domination. Mais parmi eux, il y en a qui ne rêvaient pas car avaient pris part à la crise depuis l’extérieur. Depuis leurs frontières, ils avaient envoyé des mercenaires pour accomplir des missions de déstabilisation, des razzias dans les villages, des expéditions dues à la jalousie d’avoir vécu hors de cet empire tant convoité. Le temps était venu pour certains de faire valoir des revendications territoriales tandis que d’autres, venant de contrées beaucoup plus lointaines, étaient là pour les richesses des entrailles de la terre. Des richesses dont même les royaumes voisins ne voyaient pas l’utilité car n’ayant pas développé une technologie la nécessitant ou n’en ayant simplement pas connaissance. Beaucoup des populations de l’empire qui avaient su fuir, avaient pour la plupart tous convergé vers Katombé-Mongè, comme appelés par une voix intérieur. Ils marchaient en direction du mont Imboko que l’on pouvait apercevoir de loin depuis certaines des Cités-Etats de l’empire. Elle était recouverte de neiges éternelles et blanches comme les nuages du ciel qui la parcouraient chaque jour de chaque saison.

MainPosterA Katombé-Mongè, l’empereur Sawati III n’était plus seulement entouré de ses fidèles et de sa famille mais aussi de soldats, de fonctionnaires, et de serviteurs. Plusieurs nobles, hommes de métiers, soldats de divers corps d’armées du royaume ayant refusé de servir unempire sans empereur, l’y avaient rejoint. Les rapports arrivaient en grand nombre entre les mains du souverain impérial. Des rapports des quatre coins de l’empire sur les actions de mercenaires dont les civils disaient qu’ils étaient des Mbèké car les incursions provenaient toujours de la frontière, là où était enclavée la principauté de Mbèké entre l’empire Ntu et le royaume d’Ayakini de la reine Dila, principale rivale de l’empire dans la région.

La principauté de Mbèké était issue aussi de la destruction de l’ancien royaume Bo’yakini. Fusion de plusieurs peuples dont les deux plus grands les Boro et les Ayakini que la régente-impériale Ketsia avait vaincu avant la chute de l’empire Ntu. Les différents résidus de ce royaume démantelé se recentrèrent autour de cellules tribales pour se reconstituer une structure étatique sans jamais parvenir à se réunir sous leur forme passée. Ainsi la principauté de Mbèké qui étaient surtout faite de peuples de chasseurs et de miliciens, devint une vivier de mercenaires. Des hommes mais parfois aussi des femmes qui contre fortune accomplissaient les missions qui leur étaient confiées au delà de leur terre. Ils pénétraient profondément en territoire Ntu recueillir des informations sur ses élites. mais aussi pour des missions plus sanglantes. Une terreur qui ne voulait pas dire son nom mais qui commençait à se dévoiler au fur et à mesure.

C’est ainsi qu’il parvint aux oreilles de la reine Dila un important secret que le prince Neto et son père gardaient jalousement au risque de voir leur position compromise et se retrouver en disgrâce face aux chefs coutumiers de la ville de Mbosi. Un secret qui le menait souvent à aller sillonner la contrée, rendre visite à une jeune tisserande Mbosi avec qui il eu une union non autorisée dans la tradition des peuples Ntu. Une union interdite dont le fruit devait resté secret entre la famille de la jeune fille et celle du prince Neto, jusqu’à ce que le fruit de leur union arrive en âge d’homme initié. De sombres projets étaient en cours contre le prince Neto mais aussi contre tout le peuple Ntu regroupé autour de son empereur à Katombé-Mongè. Un déferlement de violence allait bientôt s’abattre dans le fracas des glaives et des boucliers. Le ciel de Katombé-Mongè allait pour la première fois depuis des décennies se recouvrir de flèches, de feu, de fumée et de sang… Les ennemis de l’empire allaient tout mettre en œuvre pour poursuivre à bien leur projet de domination, d’occupation et de prédation.

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