Elections Belges & Communauté Congolaise: La Stratégie de Dispersion des voix

Nous nous étonnons toujours, d’année en année, d’élection en élection, du grand nombre de candidats issus de la communauté africaine en générale et congolaise en particulier des listes de divers partis. Ce qui n’est pas une mauvaise, je dirai mais c’est une très bonne chose dans la mesure où çà pourrait souligner une maturité politique dans la communauté. Celle qui consiste à désormais s’intéresser à la Chose Publique qui dirige et influe activement sur nos vies et destins ici en Europe et là bas au pays.

LEADERSHIP: LE CONDITIONNEL EST DE MISE

On peut s’interroger de manière légitime et sans frustrer ou blesser qui que ce soit, sauf si l’hypocrisie aidant certains se sentent visés car atteints dans leur ego, sur la réelle volonté qui a conduit et continue de conduire beaucoup de membres de notre communauté à se lancer en politique. Car entre les calculs de prise du pouvoir par les chiffres pour avoir le plus de sièges dans les hautes institutions ou peser lors de négociation et la volonté de certains politiciens autochtones de vouloir manipuler une communauté sans Leadership Populaire nos frères et soeurs en politique ont leur marge de manœuvre diminuée, souvent au minimum. On peut le voir dans les positions que les uns et les autres occupent parfois. Elus mais pas assez haut pour pouvoir parler au nom de la communauté et du parti. Et on sait que l’avis du parti prime toujours sur celui de la communauté. En 2011, selon une source, il y a des élus d’origine congolais ont reçu clairement l’ordre de ne pas s’exprimer en publique au sujet des élections présidentielles minables qui ont eu lieu au Congo-Kinshasa. Le parti a muselé le droit à la parole, le droit pour un fils ou une fille issue de la communauté congolaise d’exprimer le ras-le-bol de la communauté sur les partis politiques belges francophones tantôt reconnaissant les fraudes et irrégularités, tantôt renouvelant leur soutien au processus électoral. Chose abjecte qu’aucun n’aurait tolérer ici en Belgique si elle avait pris la même ampleur qu’au Congo.

AVOIR LES PERSONNES LES PLUS EN VUE POUR ATTRAPER DES VOIX

La dispersion se fait essentiellement à cause du choix des personnes par le haut. Je m’explique. Cette dispersion par le haut consiste à prendre les personnes les plus en vue ou connus dans la communauté, en faire des têtes d’affiches électorales pour capter un maximum de voix pour le parti sans garantie d’une place confortable pour la personne. Des personnes, à la base brillantes de part leurs expériences professionnelles, associatives qui une fois arrachées par les partis politiques à leur environnement de base deviennent celles par qui on désigne les leaders de la communauté en faisant d’eux des représentants alors qu’aucune décision collective, au niveau de la communauté, n’a jamais été prise en ce sens. Il y a usurpation du leadership voir déformation du leadership en vue de manipuler la communauté. Agir de la sorte c’est désigner des leaders à la place de la communauté, pour la communauté. Certains diront « oui mais il y a eu vote ». Pas faux! Mais ce sont des votent politiques, purement politique et appuyés à grand frais par les partis (voir les candidats qui s’affichent avec le président de leur parti sur leur affiche électorale officielle. Nous avions très bien compris ce message subliminale:

« il ou elle est soutenu(e) par la présidente, donc il ou elle est le ou la meilleur d’entre vous à soutenir pour ses élections »

Les schémas coloniaux ont la peau dure. S’afficher avec le Maître pour faire passer un message de crédibilité à ses frères… Ces votes restent, comme je l’ai dit plus haut des votes purement politiques car l’initiative d’élever des personnes devant assurer le leadership n’est pas venue de la communauté. Il n’y a pas eu consultation dans la communauté. Et même quand il y a consultation, il y en a toujours qui agissent avec des calcules politiques, en se positionnant de manière visible pour être vu des cadres des partis politiques. et si on regarde bien, des initiatives de ce genre ont toujours finit en eau de boudin car il y a un grave problème de positionnement individualiste de la part de beaucoup. Pourquoi? parce qu’il n’y a pas d’idéologie collective forte qui aurait été enseigné, répandue et encrée dans les consciences politiques de chacun.

LES CHANTAGES PAR LES SUBSIDES

Selon plusieurs sources et de par mon expérience personnelle comme président d’ASBL, il y a cette stratégie que j’appelle La Mise Aux Fers qui consiste à octroyer des subsides ou promesses de subsides à des associations, cet octroi est conditionné par une promesse de soutien électoral au « généreux donateur ». L’ASBL est rapidement prise au piège et ses membres, surtout les responsables, se retrouvent dans l’obligation « morale » de soutenir leur bienfaiteur et surtout son parti au risque d’avoir le soutien financier coupé. Et peu de cas sont faits de la bonne gestion de cet argent public par ces associations dont on ne peut douter que certains deviennent des coquilles vides, elles finissent souvent par cesser leurs activités tout en conservant leur entrée auprès de leur bienfaiteur. Et du coup, on peut mieux comprendre pourquoi de plus en plus d’entité politique rechignent ou deviennent plus exigeantes avec les associations et qu’il devient parfois difficile d’obtenir des subsides.

Il y a, à mon sens, une sorte de chantage qui est fait sur des mamans qui le plus souvent dirigent ou dirigeant les associations dans notre communauté. Et ce chantage se répercute sur les enfants souvent sommés, par leurs parents, de voter pour le bienfaiteur et son parti, pour avoir un jour accompagné une fratrie d’amis allant voter au début des années 2000, entendre un aîné sortant du bureau de vote dire « un tel est le candidat de la diaspora, il faut voter pour lui » est symptomatique de cette diaspora qui vote sans connaitre le programme, les projets et l’idéologie politique du candidat. Et la fidélité vis à vis du candidat s’en trouve renforcée si les origines tribales des demandeurs et du bienfaiteur.

COMMENT DISPERSER LA DIASPORA

Premièrement, multiplier dans un même arrondissement le nombre de candidats parfois dans un seul et même parti. Puis multipliez cela par le nombre de partis en lice à la course aux urnes vous verrez le nombre de candidats dont certains, je m’excuse de le dire, n’ont aucun projet politique, aucun bagage en terme d’action dans la communauté ou société civile locale. Il le faut de la couleur, de la diversité, de la multiculturalité… Des mots utilisés comme des coups de baguette magique pour appâter la communauté.

Deuxièmement, les envoyer comme des chasseurs dans leur milieu faire la chasse aux voix, les plus chanceux se voient accorder des moyens matériels et financiers conséquents. Surtout ceux qui sont sur les affiches avec leurs chefs de parti. Suivez mon regard… On les voit défiler dans les églises, courtiser les mamans, les papas. Inviter les jeunes à ce que j’appelle des « BARBECUE CAMPAIGN« : rien de tel que la bouffe et un bon débit de boisson pour attirer les jeunes africains. Il semble que cette stratégie que nous reprochons au régime de Kinshasa contre le peuple congolais devient une manière de faire acceptable ici, surtout de la part des nôtres voulant capter un maximum de voix. L’aliénation est profonde! l’Africain est le premier ennemi de l’Africain!

Troisièmement, faire de ce candidat le cheval de Troie dans la communauté. Celui ou celle qui s’opposera le plus aux intérêts de la communauté avec ce comportement typique des nègres de service voulant plaire à leur maître. Ainsi l’attention est détournée, la communauté s’en prend à un ou plusieurs des siens au lieu de se mobiliser comme un seul pour faire face à ce système politique qui en vérité oeuvre pour nous dominer, nous maintenir sous dépendance des subsides, des aides, de l’approbation de la classe politique etc… Bref, nous garder dans la position de l’enfant qui attend qu’on lui dise quoi faire, comment faire, quand faire, avec qui le faire.

Quatrièmement, suite logique de la troisième, sauver ces élus issus de la communauté lorsqu’ils sont en difficulté par des nominations prestigieuses afin de les garder dans une position de pseudo leader. un autre message qui consiste à dire à la communauté: « nous avons choisis ceux là, nous en avons que faire de ceux que vous estimez les mieux placés ».

QUE DEVRAIT FAIRE LA COMMUNAUTÉ

Premièrement, elle devrait, par ses intellectuels, responsables associatifs, acteurs socio-économiques, créer des comités ad hoc en vu de mettre en place des fédérations locales (que chaque personne d’origine congolaise pourrait rejoindre librement) ayant pour but dans un délai fixé, organiser des élections locales dans les villes ou provinces de Belgique. Ses personnes choisies au sein des candidats qui devront être eux aussi issus du milieu associatif, socio-économique, sportif, artistique et d’autres en excluant d’office ceux déjà membres adhérant d’un parti politique belge pour éviter un téléguidage politique évident). ces derniers, regroupés en comité représenteront la communauté sur le plan local et organisé comme une ASBL voir en ASBL mais ne touchant aucun subside du public, uniquement en fond propre, de préférence, afin d’être en accord avec une certaine idéologie d’indépendance. A l’image de ce que devrait être ou aurait du être notre pays d’origine vis à vis de la Belgique.

Deuxièmement, ces élus non politiques de la communauté, à leur tour, désigneront par vote et approbation des membres (par majorité absolue ou relative) de la fédération locale, une personne issue du comité pour faire partie d’un comité nationale regroupant alors les leaders locaux. ils devront siéger pour une période déterminée, déterminé qui parmi eux pourra prendre la parole au nom de la communauté en cas d’actualité grave ou importante la concernant.

Troisièmement, organiser des sessions de formation des jeunes voulant se lancer en politique que ce soit en Belgique ou au Pays. Nous avons une jeunesse qui reçoit une éducation politique sur laquelle la communauté n’a aucune emprise. Non pas comme un appareil politique qui va téléguider la personne dans ses choix mais comme une structure qui va donner à la personne les clés pour comprendre les enjeux belges et leurs impacts sur la communauté.

Nous devons arrêter d’être des moutons qui subissons, nous avons le devoir de donner aux jeunes la capacité de se projeter dans un futur en Belgique tout en étant capable de comprendre les décisions qui sont prises, de les anticiper et le cas échéant de s’y adapter tout en ne perdant pas les objectifs de la communauté de vue. Cette projection nous permettra d’avoir une jeunesse, futur leaders de la communauté que ce soit dans les partis politiques belges mais aussi au sein de la communauté et les deux animés d’une seule et même idéologie capable de transcender les divergences Gauche, Droite, Centre, Ecolo, Socialiste, Libéraux, Nationaliste etc… Toutes des idéologies Occidentales inculquées aux africains depuis l’esclavage puis sous sa forme « civilisée » appelée Colonisation.

Pour mettre fin à l’égoïsme et à l’individualisme, il va falloir se faire violence. Il va falloir être dur et exigeant, sévère et déterminé à atteindre coût que coût un but suprême: construire une communauté capable de peser sur les décisions influents sur la vie de ces membres. Être africain, subsaharien en Belgique n’est pas et ne sera jamais une tare, une fatalité. Ce sera un sujet de gloire, un sujet de fierté voir de crainte pour qui voudra lui nuire car elle saura se défendre et défendre les siens, et VEILLER sur ses intérêts comme toutes les communautés dans ce pays.

Nous n’avons aucun intérêt à avoir des dizaines de candidats dans une MÊME LISTE et se retrouver avec des tas de suppléants inutiles ni dans une MÊME COMMUNE si c’est pour n’avoir que des conseillers de CPAS ou COMMUNAUX. Des choix COLLECTIFS et STRATÉGIQUES doivent être fait et des DÉCISIONS COURAGEUSES doivent être prise. autrement, nous n’en finiront pas avec ce long cycle ridicule de larbin du système ayant besoin de nous juste pour leur apporter des voix. Cela suffit!

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