Analyse: Déception Electorale et Baratins Politiques

Mercredi soir, prenant la parole lors de la soirée Masolo consacrée au Parti Socialiste, mon aîné Yves A. Kodjo Lodonou a dit une chose capitale aux candidats politiques qui y étaient: « … il faut aussi que vos supérieurs vous introduisent dans leurs milieux et pas seulement vous de leur donner la parole dans notre communauté africaine (…) il faut élargir votre base électorale aux non-africains aussi… »

Depuis 2012, j’observe de manière beaucoup plus minutieuse les agissements, les paroles et les postures des uns et des autres, candidats ou élus politiques de la communauté africaine de Belgique. Je regarde qui est qui, qui dit ou promet mais surtout qui fait quoi de concret pour la communauté. Et même lorsque la fonction ne le permet pas, qui sont ces personnalités d’origine africaine du milieu politique qui s’impliquent de manière active sur des projets et des revendications provenant de la communauté.

Car beaucoup nous disent « oui, j’en avais touché un mot à un tel ou un tel », nous voulons bien vous croire, et loin de moi de douter de la bonne foi de certains mais lorsque vous faites ces choses nous ne sommes pas là pour le voir et pouvoir mettre à votre crédit l’avancement de certaines choses. Autrement n’importe qui peut venir prétendre avoir fait du lobbying dans X ou Y dossiers.

Si nos frères et soeurs sont réellement considérés par leurs « supérieurs » politiques, ces derniers prendraient la peine de les inviter aux événements de leurs cercles, leurs réseaux d’amis et de contacts. Mais pourquoi ne le font-ils pas? Ou pourquoi le font ils seulement avec les nôtres qui sont cooptés par eux? Je pense que la réponse coule de source et nul besoin de m’étendre dessus. Alors d’une chose, l’autre: s’ils ne prennent pas la peine de « Nous » y introduire en tant que communauté, via nos frères et soeurs membres de leurs partis, de préférence ceux qui ne sont pas cooptés et dont se dégage un minimum de crédibilité d’indépendance, alors pourquoi les inviter dans nos réunions pour venir tenir certains discours comme celui cité dans mon précédent article? Pourquoi les invités ou nous afficher avec eux dans nos communautés, tout sourire et toutes dents dehors, lors d’événement dit « africains »?

Le problème est que nous perpétuons inconsciemment certains schémas coloniaux dont le plus tenace consiste à s’afficher avec « Bwana Kitoko » devant les siens comme pour montrer que « Je suis approuvé par l’Homme Blanc ». A la limite encore si c’est pour une affiche, il est assez normal de s’afficher avec tel ou tel ténors politique car çà fait partit d’une stratégie commune, celle du parti car cette affiche sera collée sur la place publique et visible de tous: blancs, noirs, arabes, asiatiques etc… Alors que les réunions, surtout dans la communauté, sont avant tout des moments de mobilisation « interne ».

Lorsqu’un candidat à la « chance » de s’afficher avec un « Bwana Kitoko » et qu’un autre ne l’a pas, ne pensez-vous pas qu’il se passe un décryptage dans les têtes des gens dans le public? Car venir dire « oui le parti, oui le parti » alors que dans les faits on semble comprendre que vous êtes surtout envoyés comme des recruteurs de main-d’oeuvre, (je vais faire une métaphore) comme lorsque l’on envoyait des soldats noirs aller enrôler de force des hommes dans les villages sous l’abominable Etat Indépendant du Congo d’un certain roi belge génocidaire dont on ne cite plus le nom.

Pour expliciter mes propos par une autre métaphore, je dirai que c’est l’histoire du garçon qui a eu ou qui a deux petites-amies: l’une est présentée à la famille, elle assiste aux fêtes comme « copine officielle et reconnue », elle aide souvent la maman du garçon en allant chez elle de temps en temps, etc… et l’autre, celle qu’on ne présente à personne, qu’on emmène à aucune fête de famille et qui ne verra jamais la maman sauf sur photo, et encore… Je pense que la métaphore parle d’elle même.

Lorsque les élections passent et que certains, souvent le trois quart, ne sont pas élire, que se passe-t-il? Quel comportement adoptent les cadres politiques belgo-belges de ces partis? Et le pire même je dirai qu’elle est l’attitude des malheureux et malheureuses candidats vis à vis de la communauté? La plupart cessent d’être visible, ils cessent d’être actifs, ils cessent de mobiliser etc… Observez bien la suite des élections du 25 mai! Observez bien le comportement des candidats issus de la communauté africaine qu’ils soient élus ou pas. On en reparlera… A suivre!

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