Réflexion: De l’activiste au politicien

Le dilemme congolais c’est de croire qu’il faut boycotter des élections tout en espérant que Kabila doit ou va partir par une opération du saint esprit. L’Art de la Guerre adapté à la politique nous apprend qu’il faut user de TOUTES les opportunités pour mettre à mal un adversaire afin, soit, de le pousser à la faute, à la démission ou… dans la tombe. Ruminer sa révolution idéalisée, observer et faire des analyses ne suffit pas. Un moment il faut se prononcer et soutenir une dynamique qui a pour but de renverser l’ennemi commun. Cela n’empêche pas chaque groupe d’avoir son agenda, ses plans A, B et C mais surtout de travailler sur le terrain en vue d’atteindre ses objectifs à court, moyen et long terme.
 
Etre activiste ce n’est pas être dans la contestation, c’est être dans l’action, être actif de manière directe ou indirecte, frontale ou non frontale mais être en « mouvement ». Le plus important pour nous, le peuple, à ce stade, c’est la fin du système Kabila, la redistribution des « cartes », le déblocage de certaines situations empêchant les uns et les autres de pouvoir venir au pays. Et seule une victoire d’un des deux candidats de l’opposition: Martin Fayulu ou Felix Tshisekedi pourrait le permettre. Shadary c’es la continuité du système Kabila. Il revient maintenant à tous ceux qui se disent activistes de mettre en place des ponts (même si je pense qu’il est un peu tard déjà), des liens, des corridors, des axes de communications avec les états-majors des principaux candidats de l’opposition, et dans ce cas je dirai Martin Fayulu car c’est lui qui a le vent en poupe.
Mettre en place des ponts car on ne fait pas d’activisme pour rester dans son recoin à analyser ou faire de la théorie politicienne. Pour changer les choses, il faut sortir de l’ombre et se frotter à la réalité, à la dureté, de la politique: il faut se lancer à la conquête du pouvoir. Celui qui veut impacter son Temps, changer les choses durablement, se doit de tenir les reines du pouvoir et non chercher à exercer le pouvoir, comme l’a souligné mon ami « Steve » lors de notre brunch mensuel. L’activiste, surtout celui vivant hors du pays et se distinguant surtout sur les réseaux sociaux, se doit de développer une équipe au pays, la soutenir par des formations, des financements, de la logistique, de la mise en réseau, de l’information mais surtout de l’aider en terme de direction idéologique en vue d’entrer en politique, aller au front, là où le combat se passe en local. Mais dans ce combat, l’activiste n’aura que deux choix, le premier de rester en retrait et assurer l’appui solide et tout azimut de ceux aux « fronts » ou se décider, lui-même, d’aller au front en s’assurant un appui solide au pays et hors du pays.
L’erreur de beaucoup est de partir au pays comme on part à l’aventure en ne comptant que sur un réseau restreint de « personnalités » haute placées ou ayant des moyens. Or la politique est mouvante, pire, c’est un sable mouvant qui engloutit les moyens prudents: les amis d’hier peuvent devenir les ennemis du jour. Les ennemis du jour devenir les amis de demain. C’est l’erreur de ceux qui, aussi, y vont en vue de profiter des mannes, et des largesses financières du désordre local, pour avoir leur part du gâteau. Ceux-là, finissent souvent par devenir les ennemis du peuple, les prédateurs intérieurs, les traîtres, les collabos, les judas du peuple congolais.
Dans mon livre, FRAGMENTS DE VIES, j’ai dit la chose suivante au sujet du politicien congolais du futur:
 » Le problème n’est pas la soif de « démocratie«  ni de liberté mais le paradigme, l’idéologie avec laquelle on la souhaite et les moyens qu’on y met (…) Le défi pour le politicien congolais de demain, c’est la capacité à avoir une vision sur le long terme, c’est à dire sur quinze ou vingt ans, et de se donner les moyens qui vont avec, tans matériels, que financiers mais surtout HUMAINS. Je m’explique : j’entends par VISION, la projection d’une pensée créatrice, sa matérialisation future que l’on voit déjà par anticipation avec un regard de l’Esprit : Voir ce qui n’est pas encore, rêver de ce qui n’éxiste pas sur l’instant. Le politicien de demain se doit d’avoir un agenda, un projet qui lui permet de voir au-delà de l’actualité, au-delà des échéances proches comme les élections, des procès, des coups d’état etc… Il doit savoir non seulement en tenir compte mais surtout mettre en place ce qu’il faut pour garder un œil sur le futur, et ne jamais s’en laisser distraire ou écarter (…) Mais pour avoir cette vision, il faut ABSOLUMENT une dépollution des esprits, une libération mentale, une Renaissance dans et par la Nous. Ce Nous, est l’ensemble de ce qui nous caractérise en tans que peuple sur le plan spirituel, social, coutumier, historique etc… Autrement, nous ne ferons que créer les mêmes xénomorphes politiques, des zombies, des morts-vivants, qui, en fin de compte, sont de bien pires prédateurs que leurs géniteurs idéologiques du capitalisme mondialisant et aliénant »

Showing 2 comments
  • Mabika
    Répondre

    Bonjour,
    Merci pour cette analyse.
    Cela fait écho chez moi avec une éducation socio politique voire historico économique du pays et du continent.
    Bref il faut des écoles, des cursus …
    J’ai cru voir des cours donnés par la ligue pan-africanisme umoja. ..
    Est-ce ce genre de formation qui pourrait éduquer les plus hardis d’entre nous ?

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