Communauté africaine de Belgique: Ce qu’il faudra faire avant 2018

Lentement mais surement les langues se délient, les avis se rejoignent et les « gens de maison » se cachent. Après l’hécatombe du 25 mai 2014 qui n’a vu que 4 élus issus de la communauté africaine être plébiscitées sur les 34 prétendants, il y a de quoi se dire « il y avait beaucoup d’appelés mais peu d’élus », voir pire, mais je ne m’étendrai pas là dessus. Il semblerait que la susceptibilité soit une religion. Bref, passons.

CES ERREURS A NE PLUS REPRODUIRE

Le plus évident, il en ressort de mes échanges avec différents candidats reçus dans le cadre des soirées débats MASOLO et de la soirée de débriefing des résultats, qu’une bonne partie de la campagne a été comparable à une dispute de bac à sable d’une cour de maternelle. Plusieurs candidats axèrent leur campagne sur la diffamation de leurs adversaires, des consignes de vote appelant à ne pas voter pour x ou y au point d’oublier qu’ils sont tous dans le même panier (aux crabes) et que le seul vainqueur de ces disputes infantiles et minables sera le parti et ses candidats autochtones. Et c’est ce qui a été le cas…

C’est dans ce cadre que je pense que des initiatives comme MASOLO mais aussi d’autres, initiées dans la communauté, devront mettre l’accent sur les confrontations d’idées avec comme témoin le public dans la salle et via les réseaux sociaux pour interpeller les challengers et poser des questions.

Même ceux qui se sont présentés en groupe d’un même parti n’ont pas été forcément brillant dans leur stratégie. A mon sens, il aurait fallu s’entendre sur la nécessité des uns et des autres de participer ou pas. Mais, j’en suis convaincu, plusieurs avaient comme seul et unique intérêt pour ne pas dire ordre implicite) de rapporter des voix à leur parti. Je parle surtout de ceux qui n’en étaient pas à leur première tentative électorale mais qui ne sont jamais élus. Ceux qui se sont présentés la première fois encore, on peut comprendre et passer dessus sans s’étendre en longueur.

Une autre erreur à ne plus commettre est celle de vouloir continuellement donner libre accès aux autres dans notre communauté tandis qu’eux ne donnent quasi aucun accès aux nôtres dans leurs communautés et réseaux. C’est ainsi, que j’ai eu dans le cadre du choix des candidats refuser ceux qui n’étaient pas d’origine congolaise et contrairement à ce qui a été avancé par la chargée de communication de l’asbl Change, nous n’avons jamais accueillit Laurent Louis (parti Debout Les Belges) comme candidat aux élections. Point!

Il est apparu clairement dans mes échanges que la communauté congolaise, votent souvent pour des candidats d’autres communautés: des africains, des turques, des marocains sans oubliés les autochtones belges. Mais qu’en retour, les autres communautés ne votent quasiment jamais pour les candidats d’origine congolaise. J’ai recueilli ce témoignage d’un frère qui était aussi candidat et qui fit au niveau de son parti un débriefing des résultats:le constat était clair et sans appel.

QUE FAIRE EN MIEUX POUR 2018

PRIMO: organiser une synergie des leaders d’opinion de la communauté africaine pour fixer une feuille de route d’actions ciblées vis à vis des ex-candidats malheureux (et sans doute potentiels candidats pour 2018) mais aussi les quatre qui ont été élus. C’est-à-dire garder un contact dans la durée en les interpellant régulièrement dans l’année ou une fois par an pour faire le point entre leurs promesses de campagne et les réalisations ou avancées en terme de lois, interpellations aux parlements.

Cette structure peut importe son nom se devra d’être légitime avant tout pour elle même, par elle même et ne fonctionner qu’avec les siens c’est-à-dire les personnes qui auront pris part dès le premier jour à l’initiative de sa mise en action. Comme je l’ai toujours dit, nous n’avons aucune légitimation à attendre du pouvoir politique belge, si il approuve tans mieux car çà contribue au bien d’une de ses communautés, si elle n’approuve pas tans pis on se passera de leur cooptation avec plaisir. D’ailleurs vaut mieux faire sans qu’avec… Question d’agenda.

SECUNDO: Faire un suivi régulier et actif des candidats élus mais aussi les non élus. Car il ne s’agit pas de ne s’intéresser qu’à ceux qui ont réussi mais de tous! Et parmi ceux qui n’ont pas été élus, il y a des personnes de grande valeur qui auraient du avoir une place au sein des différents parlements (régional, fédéral et européen) pour le bien de la communauté en terme d’image, de prestige mais aussi de plaidoyer sur des dossiers locaux comme internationaux.

Ce suivi va demander l’utilisation d’outils efficaces comme UJUMBOX crée par une africaine. Ce dernier sera des plus pertinents afin de faire un suivi actif de chaque candidat ou élu. Je vous invite à visiter ce lien pour vous faire une idée et le cas échéant de poser des questions à sa conceptrice.

Ce suivi demandera aussi l’implication active des médias de la communauté, ces derniers devront à chaque événement ou fait touchant de près ou de loin la communauté de donner la parole à nos élus et non élus afin qu’ils s’expriment sur ces sujets. Cessons de ne donner de l’intérêt à nos frères et soeurs politiciens que lorsqu’il s’agit de la situation à 8000km d’ici et pendant les élections en Belgique. C’est irresponsable et çà porte atteinte à la communauté. Car un média communautaire qui ne met pas en avant ses leaders d’opinions, ses acteurs socia-culturels et autres entrepreneurs, contribue à l’entretien d’une image minable de la communauté qui ne serait fait que d’ambianceurs, de polémistes et de futurs candidats à la présidence au Congo… Arrêtons çà!

TERTIO: Il faudrait aussi, selon moi, organiser des caucus dans la communauté africaine. Le but n’est pas de dire qui devra être candidat ou pas mais bel et bien d’envoyer un message à la classe politique autochtone pour leur faire savoir que nous sommes concernés par la qualité des candidats que leurs partis compteront aligner et que nous avons nos propres préférences. Durant ces caucus qui devraient être organisés par famille politique (comme lors des soirées débat Masolo), nous mettrons en évidence d’abord ceux qui auront été suivi entre 2014 et 2018 par la communauté et sa « Synergie ».

Ce caucus permettra de confronter les réalisations des uns et des autres, de mesurer les initiatives des uns et des autres et clairement voir qui en a fait assez ou pas pour les siens et la société civile belge tout simplement. Car un élu ou un candidat issu de notre communauté ne devra pas seulement être actif pour nous de manière exclusive. Il ou elle devra d’abord démontrer sa capacité à agir pour la collectivité et dans quelle mesure elle sait se rendre utile pour elle.

Ensuite pourquoi pas un Caucus spécial qui permettrait de voir s’affronter des politiciens mettant sur le table leurs actions et en les opposant à ceux du challenger. Biensur, le but ne sera pas de susciter de l’agressivité mais bel et bien de faire s’entrechoquer les idées et réalisations afin que bien avant les votes le peuple puisse savoir vers qui se penchera probablement son vote, en sachant qu’une fois que débutera la campagne chaque candidat devra séduire l’électorat. Je prendrai pour exemple les Battles Freestyle dans la sphère HipHop où malgré l’apparente agressivité des MC, le respect est et reste un élément centrale une fois la Battle terminée.

LE VOTE SANCTION

Bien évidement, le vote sanction restera valable face à des personnes qui n’auront pas fait grand chose pour la communauté ou la collectivité. Le vote sanction est aussi une forme de liberté d’expression protégée par les lois. Ceux qui les décrient comme mal placée ou malvenue feraient mieux de:

– revoir leur copie de ce qu’on appelle la liberté d’expression. Car quand on se dit « démocrate » et donneur de leçon en terme de démocratie, on n’a pas le droit de la ramener et remettre en question le droit des peuples à exprimer leurs sentiments par un vote.

– faire une auto critique de leur position au sein de leurs partis respectifs contre lesquels le peuple aurait des griefs sérieux en rapport avec un fait intérieur ou extérieur (en Afrique).

On ne peut pas interdire à des personnes nées libres de ne pas tenir compte de leurs sentiments lors du vote sauf si c’est pour tenter d’atténuer les saloperies verbales et comportementales de certains ténors de partis (dont je ne citerai ni les noms ni les sigles mais une recherche sur google pourrait vous éclairer) dans la situation politique qu’a traversé un pays comme le Congo-Kinshasa en Décembre 2011 et avant. La communauté n’a de leçon à recevoir de personne, ni même des siens au sein des partis. Qu’on se le dise, une fois pour tout, nous ne sommes pas la génération précédente…

CONCLUSION

Je terminerai par une réflexion publiée sur ma page Facebook où je disais:

« Le CRIF est une organisation COMMUNAUTAIRE et COMMUNAUTARISTE qui a aussi pour but de peser sur la politique de France et ses élus et décideurs et elle est tolérée. Mais lorsque des africains empruntent la même voie, on cri vite au repli communautaire, avec des africains en première ligne (les gens de maison).

Vous tolérez le communautarisme des autres et vous combattez celui des vôtres en préférant le diktat de vos partis que celui de vos frères qui veulent avant tout un meilleur positionnement des leurs et de leurs attentes dans les programmes des partis.

Mais en même temps vous espérez des voix de la part des vôtres aux élections…

Avant les élections belges de 2018, la communauté africaine de Belgique aura son « CRIF », peu importe la taille de son porte-feuille, peu importe l’approbation du monde politique belge et ses « gens de maison ». Elle fonctionnera avec son propre agenda et mettra en avant les candidats originaire d’Afrique Noire qui seront jugés crédibles et valables pour 2018! Pour influer sur un système il faut être audacieux, imaginatif et autonome… »

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