Ceci n’est qu’une fiction – Partie 11: « On Air »

CECI EST UNE FICTION. TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DES PERSONNES EXISTANTES OU AYANT EXISTEES SERAIENT PUREMENT FORTUITE ET INVOLONTAIRE. MERCI.

J’ai bien riglé avec Lum’s de cette interpellation de la police. Vraiment de la connerie d’un niveau cosmique, mais bon, on a l’habitude. Disons que ces choses se font de moins en moins, beaucoup de la communauté en parlent, nous voyonsdes choses, nous entendons des choses mais les vivre soi-même, c’est autre chose. Vu que j’avais perdu du temps, j’ai juste pris de quoi grignoter et j’ai dit au revoir à Lum’s qui est retourné chez lui auprès de sa femme et ses enfants. Moi? non, jene rentre pas à la maison, j’ai une émission de radio et je vous assure que je vais toucher un mot ce flic. #ItsOnBaby

Arrivé à la radio, avec une bonne dizaine de minutes de retard, le vieux Kasongo me chambre sur mon retard mais je l’avais prévenu de ce qui s’éait passé. Puis toute façon, j’avais déjà droppé le truc sur Twitter et j’ai eu des tas de réactions. Du coup, il y a une foule de gens qui vont se brancher et m’écouter faire ma chronique radio où je donne moi point de vue sur des tas de news. Les gens de la communauté, jeunes et moins jeunes, aiment mon franc parlé, il aime mon engagement, mon énergie pour les miens et surtout le fait que je dis ce que d’autre sne peuvent dire à cause de leurs positions ou situation dans le pays où nous vivons. Je suis devenu une sorte de leader d’opinion depuis quatre. Il y a quatre ans, il y a eu cette bavure policière de trop où des jeunes sont morts lors d’une interpellation musclée dans la police dans le centre culturel africain suite à une affaire de soupçon de trafic de drogue. MAis il n’en a rien été, rien n’avait jamais été trouvé. Bien au contraire, on a finit par apprendre que la police mettait la pression sur ces jeunes pour en faire des indics dans le cadre de la lutte contre la délinquence, une phénomène marginale avecun nombre de délinquents en chute depuis que le tissu économique de la communauté s’est améliorée grâce aux emplois crées dans la communauté par divers entrepreneurs d’ici et d’autres depuis l’Afrique. Nous leur avions tellement mis la pression que le chef de district de la police a finalement été inculpé par la justice et plusieurs policiers ont été soit muté ou viré de la police. Ce fut une sacrée victoire pour nous. Du coup, je me demande actuellement si ce « nain roux » n’est pas un de ces pourris qui aurait échappé à la justice et qui a une dent contre nous, nous les jeunes hommes africains. #WeAintScaredOfPigs

  • Waow!!! C’était à ce point??? demande le vieux Kasong’
  • Grave mon cher! C’est à croire qu’il voulait vraiment qu’on se rentre dedans. Le mec voulait vraiment que je lui en mette une, le mec était « ready ».
  • Du haut de sa petite taille?
  • Oui, monsieur!
  • Mais il était armé comme tout flic?
  • Et il allait faire quoi? sortir son gun, me shooter puis provoquer une émeute dans la ville et se retrouver en prison? Non, il n’allait par risquer ça. Il aurait voulu que je lu déroule sa face et que ça parte en sucette. Mais nous sommes trop malins. Nous savons comment ils pensent, nous savons comment ils agissent pour nous pousser à la faute et nous faisons en sorte de ne pas leur tendre la perche. Bien au contraire, nous affichons notre détermination jusqu’au point où la loi et la dignité humaine nous le permet. Voilà ce qu’il faut faire. Il n’y a pas à craindre la police parce qu’ils sont armés ou parce qu’ils portent un uniforme. Il ne faut craindre la police que par rapport à la loi. Si tu es rspectueux, irreprochables et agit dans les limites de ce que permet la loi, pourquoi craindre un flic?
  • C’est vrai!
  • Moi je n’ai pas honte de le dire, lors de la petite emeute après le meurtre de nos frères, car je n’ai pas d’autres mots pour qualifier la chose…
  • Bavure policier, comme dirait la presse, rajoute le vieux Kasong’.
  • Naaaaaa, mais la presse on les connait. Ils sont des agents de sécurité morale au pays des Bisounours. Ils aiment nous endormir quand des choses pareilles touchent notre communauté mais en font les gros titres quand ça touche des communautés autres comme les arabes ou les juifs, les homo, et autres LGTB. Bref… durant l’émeute, j’ai clairement dit aux nôtres, si vous voyez un policier abuser de son pouvoir contre un des nôtres intervenez. Si vous voyez un policier agir de manière incorrecte contre un des nôtres inervenez, surtout si il s’agit de nos femmes, de nos soeurs, de nos mères, intervenez. Et si l’usage de la force l’exige, usez de la force. Car un « Pig » qui abuse de la loi, se met hors la loi et légitime le recours à la force, même de la part d’un civil, pour lui rappeler qu’il s’est mis hors la loi. Le seul avantage qu’il a et qu’il garde c’est son arme et sa hiérarchie. Mais si avec un smartphone, car tout le monde en a un, on peut filmer l’acte répréhensible de ce flic et le mettre en public, on devient bien plus puissant que lui au point où même l’appui de sa hierarchie ne comptera plus.
  • Et on a vu ça avec la révocation du chef de corps de police du district…
  • Oui, monsieur!
  • La menace de démission des responsables politiques du district d’origine africaine suite à lapremière réaction de l’ex chef de district qui avait soutenu immédiatement ses hommes sans même avoir eu tous les éléments sur ce qui s’était passé…
  • Oui, monsieur!
  • Puis enfin le licenciement sans solde de plusieurs policiers impliqués et les peines de prison pour les deux policiers qui avaient ouvert le feu sur les jeunes au centre culturel « Katiopa ».
  • Exactement! Donc voilà, il faut que les nôtres arrêtent de craindre les policiers comme on craint « Dieu ». Non, ce sont des hommes comme nous. Si ils fautent et que nous avons les moyens de les contraindres à faire face à leurs actes, faisons leur mais n’acceptons plus la fatalité comme avant. Ce temps là est FINI!!!

« Preach it lil’ brotha »! lance la co-animatrice de la radio sur un ton guerrier qui me crée une poussée d’adrénaline soudaine et me fait embrayer sur l’info du massacre de l’ONU au pays. Là je fais immédiatement le lien entre les deux en mettant en avant le mépris de la vie humaine des personnes d’origine africaine, les noirs. Je n’ai pas maché mes mots vis à vis de l’ONU et de sa mission de pseudo stabilisation au pays. Une mission qui dure depuis une quinzaine d’année et qui n’apporte rien de neuf, rien de mieux. L’audiance était à son top. On venait de battre notre record du mois, notre page Facebook avait atteint 1200 followers, et après mon interventions nous avions pris quelques questions des auditeurs dont d’une auditrice très calées dans tout ce qui touche aux droits humains, spéficiquement sur les africains et son intervention a été très brillante au point d’eclipser mon intervention car les questions allaient désormais à elle. MAis bon, j’ai aimé! Ma communauté n’est plus une communauté de ploucs défaitistes et misérabilistes qui se laissent marcher dessus et les audiences comme celles-ci le démontraient. Mes aînes, gestionnaires de la radio, n’en étaient de satisfaits de voir leurs cadets reprendre le flambeau avec vaillance et force. #TheGameIsTight

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