Approche sur le Panafricanisme: approche Populaire (2/2)

A l’inverse du panafricanisme politique dont j’ai parlé dans le précédent article, celui qui est porté par les peuples est celui qui ne tient pas compte des agendas politiques, n’est pas limité par un mandat et est quasiment invincible car dispose d’une réserve quasi inépuisable de leaders potentiels. Il se distingue par sa capacité à fédérer même des peuples dont les gouvernements sont en conflit et permet de passer outre les différences ethniques qui sèment souvent le chaos en Afrique.

Le panafricanisme des peuples est essentiellement constitué ou défini comme un ensemble des mouvements de résistance sociale organisés autour d’idéaux afrocentristes, le retour aux sources de l’identité africaine, et à la mise en place de synergies entre diverses communautés africaines dans la sphère associative premièrement.

SES OBJECTIFS

L’aboutissement ou le crédo commun à ses mouvements panafricains issus des couches populaires, de la société civile, est de se réapprorpier les symboles africains de base que sont: les noms, coutumes, les spiritualités, les tenus et modes vestimentaires, les coiffures et les langues.

Il vise aussi à implanter en chaque individu la nécessité de l’utilisation des outils culturels que sont: les musiques africaines (modernes et traditionnelles), les danses, les langues, la littérature, l’histoire ainsi que la technique et connaissances médicales traditionnelles ou alternatives à la médecine moderne.

Il prône, sans se le cacher, un rejet des modèles de pensées et de perception du monde selon des normes occidentales. Un retour ou une réappropriation d’un paradigme purement africain et afrocentré.

L’organisation ou la réorganisation des communautés africains autour de thématiques culturelles communes dans un espace donné: ville, région, pays… Une organisation qui passe aussi par une éducation politique de base ainsi que le renforcement d’un économie communautaire permettant de soutenir les artisans, commerçants, entrepreneurs d’origine africaine.

Et finalement, la mobilisation des masses sur la place publique au sujet de sujets d’actualité locale ou extérieur au pays d’accueil touchant l’Afrique et plus généralement ce que j’appelle la Nation Noire c’est à dire l’ensemble des peuples noirs vivant en Afrique et hors de cette dernière, partout dans le monde. Cette mobilisation prend en compte aussi les luttes des autres peuples dits « opprimés » et une solidarité vis à vis des pays dits Non Alignés issus de la conférence de Bandoung.

LES DEFIS DU PANAFRICANISME

Dans les sociétés civiles africaines, le principale défi est celui de la réconciliation de l’africain avec lui même. Rétablir la confiance entre les individus, les communautés, les nations. Une confiance et une solidarité mise à mal par le comportement anti panafricain de chefs d’Etats africains, du moins des postures panafricaines politiques démenties par les actions sur le terrain des uns et des autres nuisant à l’idéal panafricain porté par les peuples.

L’autre défi est celui de capitaliser les acquis des divers mouvements existants dont beaucoup depuis des décennies en projet politique. Des réalisations sur le terrain qui affectent positivement les premiers intéressés: les individus et communautés locales en Afrique mais aussi hors d’Afrique.

Les mouvements et structures panafricaines se doivent de mettre en  place des projets dont le premier objectif est d’informer et de former la jeunesse sur les enjeux mondiaux touchant directement et indirectement ces derniers et leurs pays d’origine. Car là où les grandes écoles occidentales ne donnent pas  une vision panafricaine du monde, les associations se doivent de palier à cette volonté politique qui prive les afro-descendants d’une vision claire sur ce qu’est réellement l’Afrique et ses populations. Une vision qui devrait rompre avec le misérabilisme voir le paternalisme propre à beaucoup d’anciens métropoles coloniales.

L’Afrique a réellement besoin d’une élite formée et informée. Une élite capable d’assurer le leadership à tous les niveaux, dans tous les domaines dans les prochaines décennies, celles du décollage économique et politique africain dans un monde globalisé aux défis et enjeux multiples et interconnectés. La jeunesse africaine se doit de connaitre ce monde « multiple », savoir comme l’analyser et s’y adapter ou s’y opposer avec intelligence et courage.

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