ANECDOTE: L’Eglise, Les chrétiens religieux (Congolais) & Moi

Tans que les africains, et surtout les zaïro-congolais en particulier, ne se réconcilieront pas avec ce qui fait leurs racines ancestrales, ils seront toujours pris entre le marteau du dogme ecclésiastique et l’enclume de leur identité culturelle dans ce qui touche à l’expression de sa foi par les danses et les rythmes… Et c’est ce qui fait que l’on frise souvent le ridicule ou l’hypocrisie dans les églises. Il est dit ou recommandé (avec insistance aux jeunes surtout) de ne pas danser comme les « gens du Monde », de ne pas s’habiller comme eux ou de ne pas chanter ou jouer de la musique comme ces derniers. Mais le fait est que, pour notre plus grand bonheur notre identité africaine en générale, et bantu en particulier, prend souvent le dessus sur un certain « dogme réligieux » dans le monde évangélique congolais, pour ne citer que lui, qui pose des interdits, parfois dignes de fatwas religieuses dans certains coins du monde.

Mais le naturel reprend vite le dessus car on ne peut renier ce qui est dans nos gènes, dans notre environnement culture domestique: le parlé, le dansé, bref les rythmes d’Afrique. Et plus particulièrement ceux du pays. Renier ce besoin de danser, tout en respectant une certain pudeur, revient à faire violence à l’âme de la personne qui ne peut s’exprimer LIBREMENT devant Dieu.

Il est dit que le roi David était agréable à Dieu car il dansait librement devant lui. Mais nul n’a jamais vu David danser… Le vrai problème des chrétiens (congolais surtout) est un problème d’aliénation culturelle profonde, effet secondaire ou premier de la colonisation et des independances ratées qui nous ont souvent envoyé hors de nos pays pour vivre chez d’autres avec notre besoin de culture vite en prise avec celles des autochtones chez qui nous avons atteris. C’est un refus presque diabolique, celui de ne pas être ENTIEREMENT soi-même dans sa religion. Alors déjà que l’on est bombardé de noms judéo-chrétiens, des noms américains voire même, et c’est une nouveauté depuis une décénnie, de noms composés du genre Chrismavi qui est une contraction de Christ-Ma-Victoire. Il ne manquerait plus que l’on devienne juif, américains, français, belge dans nos têtes par souci de se dire débarassé du diable qu’est la tradition ancestrale africaine. a croire que le judaïsme et le christianisme sont pures de tout malfaisance. LE chrétien africain voire le musulman africain vit dans une prison mentale de haute sécurité qui l’empêche d’être LUI MEME.

Durant mon adoléscence, j’étais membre d’un groupe de Hip Hop « Gospel » que nous avions nommé la Nouvelle Alliance. Comptez pas sur moi pour vous dire le blaze que je portais. Cette activité « libre » que nous avions commancé chez un de nos ainés, devint de fil en aiguille une activité qui nous emmena à plusieurs reprises jusqu’en France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, etc… Mais compte tenu du fait que nous n’étions pas « cooptés » par les autorités ecclesiastiques, nous fûmes frappés d’une sorte d’anathème ou de fatwas.

Du haut de la chair le pasteur nous avait lancé un avertissement du genre: « ceux-là qui veulent continuer à chanter et rapper hors de l’Eglise devront faire un choix. Soit, ils arrêtent ce qu’ils font dehors et restent dans les ministères (qu’ils exercent dans l’Eglise), soit ils continuent à rapper et seront exclus des ministères voire de l’Eglise ». Allusion fut faite aussi sur notre style vestimentaire: pantalons larges, cheveux en Afro, etc…

Imagniez-vous alors ce qu’une phrase du genre a comme effet dans la tête d’un jeune homme de 21 ans pour qui, à l’époque, l’Eglise au sens de la communauté humaine, représentait beaucoup et était un repère social dans une Belgique où à l’époque la lutte était au niveau des besoins quotidiens: alimentaires, vestimentaires, papiers, frais scolaires, parents au pays, fin de mois compliqués, etc… Alors le soir même avec mes amis, nous avions tenue une sorte de conseil d’état-major et nous nous sommes dits les choses avec franchise dans ce sens: « nous sommes des amis, des frères. Si il y en a parmi nous qui ne veulent plsu continuer avec le groupe N.A. (Nouvelle Alliance), ils peuvent le dire, nous ne les envoudrons pas ».

Le lendemain en me rendant à la « Church », je pris part à ce qui allait être ma dernière prestation comme Choriste Tenor dans l’un des deux chorales de mon assemblée. Il s’en suivit à la fin du service un tête à tête assez houleux avec mon directeur de chorale. Le ton monta assez vite et je claqua la porte de la chorale. Cependant, quelques années après nous en avons discuté comme deux adultes et avons aplanis notre différents. Et vu que je ne suis pas du genre rancunier, j’ai passé l’éponge. Ce n’était toute façon pas de sa faute. l’ordre était venu d’ailleurs je pense…

Et quand j’en vois aujourd’hui des tas de jeunes qui font toutes sortes de choses pour, par et dans l’Eglise, je me dis juste… que nous avions été des precurseurs… Où des « sacrifiés » tel l’emballage que l’on déchire pour acceder au contenu que l’on désire.

Et pour en revenir à mon sujet centrale, dont je me suis un peu écarté je dirai, et je l’assume, ceux, pasteurs, anciens et simples membres, qui ne laissent pas aux croyants exprimer leur foi, pêchent contre Dieu. Ceux qui veulent mettre les croyants dans un moule « spirituel » du « tu dois danser comme-ci, chanter comme-çà », pêchent contre Dieu. une louange à Dieu teintée d’hypocrisie, car ne laissant pas les membres exprimer leur foi de la manière la plus naturelle, c’est-à-dire celle du désire profond de leur coeur, ne font monter à Dieu qu’un parfum de très mauvaise odeur qu’il n’agrée pas un seul instant.

Dieu est Esprit, dit la Bible. Et elle continue en disant,  » et ceux qui l’adorent, l’adorent en ESPRIT et en VERITE ». Où est donc la vérité dans l’adoration lorsqu’on se fait violence pour ne pas donner l’impression qu’on danse comme Fally ou Werra? je ne dis pas qu’il faut se laisser aller à imiter les vulgarités de certaines danses mais de grâce, nous sommes des bantu et un bantu ne dansera JAMAIS comme un texan qui adore Dieu. Un bantu ne dansera JAMAIS comme un flamand qui loue Dieu. Il n’y a pas assez de vérité dans nos manières d’être vis à vis du Divin, et je pense que c’est une raison pour laquelle, nos diasporas n’avançent pas, que notre pays stagne et que les abus sont devenus légions voire des valeurs. On ne peut pas se vanter d’être un « frère très spirituel » sans être vrai dans sa manière de mettre en accord sa culture, son identité première car désolé mais quand j’entend des termes comme « mon identité en Christ » j’ai parfois envie de rire… Avant d’être esprit nous sommes chair et sang, nous sommes humains, nous sommes culture, nous sommes traditions, nous sommes héritage ancestral… Sauf si aliénation religieuse voulant nous faisons table rase de nos racines pour renaitre juifs dans les noms, les codes, le langage… Non merci! Moi quand un congolais me salue en disant Shalom, je répond Mboté!

Bref… Je ne regrette pas les choix que j’ai pris dans ma jeunesse car ils m’ont mené là où je suis cad independance d’esprit, liberté d’action selon mes conviction et surtout franc-parlé qui a me faire jeter d’une organisation sociale… Ne soyons pas de ceux qui, parce que convertis au christianisme évangélique, car les catholiques congolais/africains sont moins aliénés que les protestants congolais/africains, abandonons notre facultés de penser, de raisonner car « notre culture est notre système immunitaire » dixit Marimba Ani.

Photo: Groupe Adorons l'Eternel (GAEL)

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