Afflux de réfugiés « congolais » au Kivu: Et si la Tanzanie jouait le jeu du Rwanda et de l’Ouganda?

Par Nicaise Kibel’Bel Oka (Journal Les Coulisses)

Depuis une semaine, le territoire de Rutshuru dans sa partie de Jomba et Tchengerero aux confluents du district ougandais de Kisoro et de la préfecture rwandaise de Ruhengeri est inondé des réfugiés tutsi et assimilés en provenance de la Tanzanie. Ces personnes réfugiées occupent l’espace sous contrôle des rebelles du M23 et ne sont soumises à aucun contrôle ni du gouvernement congolais ni du Haut Commissariat aux Réfugiés. Pour des observateurs au langage direct, ces genres de personnes très vulnérables qui ont tout perdu ont trouvé refuge dans cette partie du Nord-Kivu. Les plus habiles vont grossir le rang des rebelles du M23 pour affronter les Fardc. Par la faute de la Tanzanie qui aurait commis une grosse erreur en les expulsant sous le prétexte d’un conflit qui opposerait le président Jakaya Kikwete au duo Museveni-Kagame. L’on se rappelle que le président de la Tanzanie avait proposé comme ultime solution à la crise dans la région que chaque régime impliqué puisse prendre langue avec ses opposants armés. Même alors, comment peut-on chasser de son pays plus de 4 mille personnes constituant la classe la plus riche du pays, les éleveurs sans qu’aucun pays ni organisation internationale ne lève son petit doigt pour condamner cet acte ?

Au simple, le président Jakaya Kikwete a violé les conventions internationales en mettant hors de son territoire des Tutsi tanzaniens( les Banyambo), des Tutsi ougandais, des Tutsi rwandais( anciens réfugiés tutsi en Ougandais partis en Tanzanie à la recherche du pâturage lors de la guerre contre Idi Amin Dada), des Hima-Tutsi qui occupaient de vastes plaines et les anciennes plantations des Indiens récupérées par le gouvernement. Pour des analystes avertis, le geste du président tanzanien ne serait pas pour plaire à la RDC. Il obéirait plutôt à cette logique de balkanisation. On peut tout dire et brandir la présence des Casques bleus tanzaniens en RDC pour prouver la bonne foi de la Tanzanie. Même l’Enfer est pavé de bonnes intentions. Et pour cause ?

1 .Le geste de Jakaya Kikwete fait le lit du M23 qui reprend l’une des conditions de Laurent Nkunda, à savoir le retour des réfugiés « congolais » comme préalable à toute discussion. Ces prétendus réfugiés, ils sont les seuls à les connaître et à les identifier.

2. Le silence inimaginable des gouvernements rwandais et ougandais lors de ladite opération atteste que la Tanzanie aurait été manipulée par les objectifs de deux régimes en parsemant les populations à l’est. Aucune condamnation pour des pays qui disent se battre pour leurs peuples.

3. le Rwanda qui vit le drame de la démographie galopante n’a que faire d’autres Rwandais puisqu’ils n’ont plus de place dans leur pays d’origine. Il a d’ailleurs mis fin à la culture de beaucoup de bétail qui prend inutilement de l’espace au profit de nouvelles races de vaches laitières selon la formule « moins de têtes mais beaucoup de lait ». Il n’y a plus de place au Rwanda pour ceux qui sont partis. Tant pis pour eux.

4. Le HCR n’a pas jugé opportun de suivre le mouvement des populations chassées de la Tanzanie. Selon une source crédible, on compte à peine 360 ménages des Banyambo seulement en Ouganda sur les 4 mille personnes chassées de la Tanzanie au motif qu’eux restent en brousse et que les autres, étant des nomades, ils ne restent jamais à un même endroit.

Le dialogue de Kampala totalement bloqué

A Kampala, les délégués du gouvernement congolais s’ennuient, faute de clôturer le dialogue. Du chômage déguisé au point que même le personnel de l’hôtel se lamente de la monotonie de personnes qui y logent depuis 11 mois. Un hôtel, on y vient et on en repart après quelques jours. Mais à qui la faute ? Le délai fixé par la communauté internationale a pris fin depuis le 22 septembre 2013. A qui la faute ?

Le problème, c’est l’Ouganda.

Ce pays est largement impliqué dans l’agression de la RDC et dans son soutien au M23 et a trouvé une astuce, celle de tourner les Congolais en bourrique jusqu’à ce qu’ils se fatiguent et accèdent à sa requête. L’Ouganda protège les Forces négatives essentiellement le M23. Le facilitateur n’est pas un arbitre pour être neutre. Il a son parti pris et veut gagner du temps. Il compte sur l’usure du temps.

Tous les Congolais qui sont passés dans ce fameux dialogue de Kampala obtenu à coût exorbitant d’argent savent qu’en réalité, il n’y a jamais eu de véritable dialogue.

La stratégie adoptée par le facilitateur a toujours consisté à parler en aparté avec deux ou trois Congolais (et en quelle langue ?) avant de venir communiquer son point de vue. Les Congolais qui y ont assisté savent mesurer le malaise du Ministre des Affaires étrangères Raymond Tshibanda face à ce jeu malsain.

Mais également des membres de la délégation notamment la société civile du Nord-Kivu qui ne comprenait pas qu’on lui refuse d’exprimer son point de vue face à ces enjeux. L’Ouganda voulait un dialogue avec uniquement les originaires du (Nord) Kivu dans l’objectif de les flouer et de les manipuler aisément. Et il y avait réussi en faisant du sur place avec leur complicité et, comme le dit si bien François Muamba, en montant un vaudeville la veille du voyage de New York, laissant des Congolais pantois dans cette farce qui doit déterminer l’avenir de notre pays.

Que veulent Museveni et Kagame ?

Que veut Yoweri Museveni qui soustraite les dossiers de Paul Kagame ? Deux choses dont il faut tenir compte et qui fondent toute la politique de la déstabilisation du Congo.

Primo, il faut une amnistie générale aux rebelles du M23 même ceux des Rwandais et Ougandais qui combattent les Fardc sous le label du M23. Pour Yoweri Museveni et Paul Kagame, tout Rwandais et/ou Ougandais qui entre au Congo et déstabilise les Fardc devient ipso facto Congolais.

Secundo, il faut oublier la Cour Pénale Internationale(CPI), qu’il qualifie de tribunal conçu uniquement contre les Tutsi auquel Joseph Kabila fait foi et voudrait y livrer des Tutsi en faisant le jeu des Occidentaux. Que faire aujourd’hui au moment où Joseph Kabila a publié une liste reprenant les non éligibles à l’amnistie et à la réintégration ? Que faire lorsque plus de 80 pour cent des nominés sont Tutsi ? Si, d’une part, les politiques congolais brandissent la bonne foi et la patience dont a fait preuve Joseph Kabila restant sur les trois options politique, militaire et diplomatique, mais également en appliquant le proverbe burundais qui veut que si on veut sauver son enfant, il faut le confier au sorcier de telle sorte qu’il ne sache pas comment le manger, d’autre part, les Congolais de villages pensent qu’on ne doit pas rester indéfiniment à Kampala et gaspiller l’argent du contribuable congolais qui pourrait et devrait servir à renforcer les capacités des Fardc. Au risque de montrer le signe de faiblesse et d’allégeance aux agresseurs.

Honnêtement, tous ces Congolais qui sont à Kampala au nom du gouvernement se sentent diminués et humiliés dans une mission inopportune qui n’aboutira qu’à la guerre. Tout compte fait, ils attendent naïvement que les Chefs d’Etat de la CIRGL fassent le constat du blocage et décident de la guerre ou de la paix.

Naïvement, car la communauté internationale ne veut pas engager les Casques bleus dans une guerre où le Rwanda et l’Ouganda jouissent d’une large avance par leur position sur la ligne de front et sur le plan de ravitaillement des lignes arrières.

En attendant, le M23 sous l’impulsion de Kagame et Museveni se prépare à une grande et vraie guerre. Ils n’accepteront jamais que leurs « braves » enfants qui consacrent leur vie pour la protection de la minorité et la survie de la race soient honnis et jetés en pâture à la CPI comme des chiens galeux. Ici, la guerre est le langage de la paix. Ceux qui feront le Saint Thomas déchanteront.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Echec des pourparlers de Kampala!
Mercredi, 09 Octobre 2013

Selon une source proche du dossier de la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo, le pessimisme se développe de plus en plus sur l’issue des négociations de Kampala qui, jusqu’à présent, butent sur des points que les parties qualifient elles-mêmes de non négociables.

Ces pourparlers qui ont commencé le 9 décembre 2012, devraient permettre de trouver une solution politique stable au conflit qui oppose le gouvernement congolais aux rebelles du M23.Mais chaque partie campe sur ses positions au point que l’espoir fait de plus en plus place au doute, aussi bien au milieu des élites politiques que des populations.

En effet, la reprise des hostilités entre les deux voisins, congolais et rwandais, s’annonce imminente, compte tenu du non aboutissement des négociations à une solution acceptable par les deux parties.

Alors que Kigali renforce sa présence militaire à la frontière avec la RDC, celle-ci, estime que l’idée d’une guerre n’est pas à écarter. « Aucun effort ne sera ménagé pour que les réunions de Kampala aboutissent; à la restauration de la paix et de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire. Sans quoi, les forces armées se chargeront elles-mêmes d’accomplir ce devoir »,a déclaré le Président congolais à l’ouverture, le 7 septembre dernier, des consultations nationales

En résumé, les nombreuses interruptions des négociations de Kampala ont montré les limites des solutions politique et diplomatique qui, depuis bientôt une année, ont été abordées par les différents acteurs nationaux et internationaux. Ainsi, ces pourparlers hypothèquent toutes les chances de réussites du processus de paix.

La Monusco dénonce un renforcement des positions du M23
Radio Okapi, le 9 octobre 2013

La Monusco détient des preuves matérielles que la rébellion du M23 continue à renforcer ses positions et à recruter de force des enfants au Rwanda pour les intégrer dans ses rangs. Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en RDC, Martin Kobler, et le commandant des forces de la Monusco, le Général Dos Santos Cruz, l’ont affirmé mercredi 9 octobre à Goma lors de la conférence de presse hebdomadaire des Nations unies. Ils dénoncent le non-respect par le M23 des recommandations des chefs d’Etat des Grands-Lacs qui ont exigé à ce groupe armé de mettre fin à toute activité militaire.

«On a, d’une part, les négociations de Kampala [entre le gouvernement congolais et le M23], et de l’autre, des rapports [faisant état] du recrutement forcé des jeunes gens au Rwanda. Ce sont des rapports que nous sommes en train de vérifier», a déclaré Martin Kobler.

Le patron de la Monusco a fait cette déclaration six jours après que les autorités américaines ont annoncé avoir pris des sanctions contre le Rwanda pour le recrutement d’enfants-soldats dans les rangs de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Par ailleurs, Martin Kobler a affirmé avoir adressé une lettre au Mécanisme conjoint de vérification de frontière pour mener des investigations sur le renforcement en armes et en potentiel militaire du M23 dans la région.

Pour sa part, le commandant de la Force de la Monusco, le général Dos Santos Cruz, a appelé la société civile du Nord-Kivu à la vigilance.

«Nous avons beaucoup d’informations relatives au renforcement des positions du M23. Il est très important que la société civile reste vigilante pour dénoncer ces choses. Nous ne savons pas avec précisions l’origine de ces renforcements. Nous devons vérifier davantage [ces informations] », a-t-il expliqué.

Selon lui, les informations dont dispose la Monusco démontrent que «le M23 ne se soumet pas aux recommandations de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs ».

Lors de leur dernier sommet dans la capitale ougandaise, les chefs d’Etat de la région avaient recommandé à la rébellion d’arrêter toute activité militaire et de reprendre les pourparlers avec le gouvernement congolais.

«Si nous avons la possibilité d’aller vers une solution politique à Kampala, il est très important de rester honnête de pourvoir se conformer aux décisions politiques qui seront prises en à Kampala. Ces activités militaires sont contre la solution politique pour la paix», a estimé le général Dos Santos Cruz.

Pourparlers de Kampala.
La Société civile encourage le gouvernement à camper sur sa position
MERCREDI, 09 OCTOBRE 2013

Depuis un certain temps, la Coordination provinciale de Société civile du Nord-Kivu suit avec une très grande attention l’évolution des pourparlers entre le Gouvernement Congolais et le mouvement rebelle M23 à Kampala (Ouganda). Elle tient à saluer la ténacité et l’esprit patriotique dont fait montre jusqu’à ce jour de la délégation Gouvernementale, qui n’a pas encore trahit la Nation en cédant aux revendications fallacieuses des agresseurs.

Cette Structure encourage le Gouvernement congolais à camper sur sa position de ne jamais réduire la liste des Officiers rwandais et criminels au sein du M23, non éligibles à toute éventuelle intégration au sein des FARDC.

La Société civile du Nord-Kivu rappelle en outre que tous ces Officiers rwandais sont rentrés avec leurs troupes au pays ; ce qui fait que, comme eux, leurs troupes ne doivent jamais intégrer l’Armée nationale pour ne pas l’infiltrer au profit des agresseurs.

Quant aux cadres dits politiques du M23, les Forces vives du Nord-Kivu comptent de nouveau sur la sagesse du Chef de l’Etat, afin que la Rdc ne retombe dans les erreurs du passé. Cela d’autant plus que ceux qui se passent pour cadres politiques au sein de ce Mouvement, sont en réalité des marionnettes du Rwanda et de l’Ouganda.

La quasi-totalité de ces politiciens ne sont guère différents des Officiers criminels ou étrangers non éligibles du fait qu’il n’y a jamais d’action militaire sans action politique. Ils devraient peut être s’inscrire dans la dynamique électorale que d’attendre d’être récompensés pour avoir pris les armes contre la République.

Des nouvelles incursions

Par cette occasion, cette Coordination dénonce de nouvelles incursions rwandaises en Territoires de Nyiragongo, Rutshuru et Masisi sous le label du M23. En effet, depuis le week-end dernier jusqu’à ce jour, des troupes de la RDF font leur entrée en Territoire de Nyiragongo, poussant ainsi à la fuite les populations de Rwibiranga, Rulimba, Kabuhanga, Kabuye en Groupement de Buhumba, voire celles de Rutovu, Gasizi et Kingarame en Groupement de Kibumba. Les militaires rwandais en position d’attaque viennent d’installer des armes lourdes sur les Collines Hehu, Bizuru et Nyundo ainsi qu’à l’E.P.

Buhumba et au Camp Kabuhanga (à la frontière avec le Rwanda) ; En Territoire de Rutshuru, la population a fait état de l’arrivée, le week-end, d’au moins deux bataillons rwando-ougandais à Kahunga, Nyongera, Chanzu et Kichanga (dans le Camp de Kahe).

Ils seraient mêlés aux refugiés rwandais en provenance de la Tanzanie et, en préparatifs de prochaines hostilités contre les FARDC dans cette zone ; Dans le Territoire de Masisi, au moins 300 militaires et refugiés rwandais se seraient faufilés du coté de Mushaki et Ngungu (en Chefferie de Bahunde), de zones ayant servi de caches d’armes du CNDP et partant, du M23.

Face à cette menace toujours persistante, et en vue d’en finir, la Société civile du Nord-Kivu sollicite le Président de la République d’ordonner aux FARDC et à la Brigade d’Intervention de la MONUSCO la poursuite de l’action offensive contre le M23 et les autres Forces Négatives.

L’Avenir
RDC-Rwanda :
Confrontation militaire imminente.

LE POTENTIEL, Mercredi le 9 Octobre 2013

Chronique d’un échec annoncé à Kampala

À Kampala, l’ombre de l’échec hante les pourparlers entre le M23 et le gouvernement. Désormais, la voie est ouverte à la mise en branle du volet militaire. La reprise des hostilités entre la RDC et le Rwanda est imminente, les deux protagonistes étant sur le pied de guerre.

Les pourparlers de Kampala ont échoué. C’est le moins que l’on puisse dire – les nouvelles en provenance de la capitale ougandaise n’étant plus rassurantes. Pendant ce temps, ailleurs, essentiellement à Kigali, on se prépare déjà au pire ; autrement dit à la guerre.

Dans la région des Grands Lacs, tous les ingrédients se mettent en place pour cette éventualité. A Kigali, la question ne fait plus de doute – Kampala ayant désormais montré ses limites. Raison pour laquelle le Rwanda intensifie, depuis peu sa présence militaire à la frontière avec la RDC. Le décor est ainsi planté pour une guerre généralisée aux conséquences incalculables.

Le récent passage dans la région des Grands Lacs d’une délégation de membres du Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas non plus résolu le problème. Au contraire, ceux-ci ont ravivé le doute au point d’étaler au grand jour la passivité de l’ONU.

L’ONU prise au piège

Piégée dans sa propre stratégie d’une promotion de paix, apparemment hypothétique, l’ONU a, comme à l’accoutumée, recouru à la rhétorique habituelle, appelant – sans conviction d’ailleurs – les parties en conflit dans les Grands Lacs – à la retenue. Pourtant, un rapport des experts des Nations unies sur la RDC a clairement chargé le Rwanda, le considérant comme le principal responsable du désordre qui mine la région des Grands Lacs.

Curieusement, de passage dans la région des Grands Lacs, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont superbement ignoré cette réalité, préférant se camoufler derrière des circonlocutions qui dédouanent pratiquement le Rwanda. Du coup, Kigali a du vent en poupe, conscient des enjeux en présence.
Les négociations de Kampala se butant toujours au mur de refus de Kinshasa, Kigali envisage d’ores et déjà une stratégie de rechange pour sa survie. De l’avis de Kigali, la guerre reste la seule option possible.

Mais, une sagesse renseigne qu’il est facile de s’engager dans la guerre. La même sagesse prévient cependant qu’il n’est pas sûr d’envisager la voie de sortie quand on se décide d’enclencher la machine de guerre. La question serait à l’étude dans différentes chancelleries. En Occident, tout comme à l’ONU, l’on craint qu’une confrontation militaire dans les Grands Lacs ne vire au pire. Le plus grand danger est de perdre le contrôle de cette région où pullulent des milliers de groupes armés aussi divers que contradictoires.

Ce qui, pense-t-on dans certains milieux, expliquerait le passage des membres de Conseil de sécurité dans la région des Grands Lacs. Lesquels auraient fait le lobbying de dissuasion envers la RDC et le Rwanda.

Tout le monde craint la survenance d’une guerre généralisée dans la région, mais personne n’est en mesure de l’éviter. Alors que l’ONU continue de soutenir la solution politique dans la crise de la région des Grands Lacs, elle se trouve, en même temps, impuissante à imposer son schéma pour une sortie de crise apaisée dans la région. « Le gouvernement congolais et le M23 doivent reprendre le dialogue. Aucune pacification de l’Est du Congo n’est envisageable sans un vrai dialogue », ont fait savoir les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité au terme de leur mission dans les Grands Lacs.

Kinshasa se prépare

A Kinshasa, le schéma de la guerre n’est pas laissé de côté. A l’ouverture le 7 septembre 2013 des concertations nationales, le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a clairement évoqué cette possibilité. « Aucun effort ne sera ménagé pour que les réunions de Kampala aboutissent à la restauration de la paix et de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, faute de quoi nos Forces armées assumeront ce devoir », avait-il déclaré rappelant qu’ « à maintes reprises, j’ai indiqué que trois options fondamentales, à savoir politique, diplomatique et militaire, sont déterminantes pour mettre fin à cette guerre qui nous est injustement imposée ».

Après avoir cru en une solution politique et diplomatique depuis plus d’une année, l’on se rend compte aujourd’hui que ces deux options ont montré leurs limites. Pire, de l’autre côté de la frontière, Kigali multiplie des actes de provocation, hypothéquant toutes les chances de réussite d’un processus de paix. Au bout de compte, la guerre reste la seule issue de sortie de crise pour stabiliser la région des Grands Lacs, malgré ses conséquences.

Kigali, dont la mauvaise foi fait l’unanimité, est convaincu qu’une région des Grands Lacs pacifiée et stable joue en sa défaveur. En entraînant la RDC dans le schéma des négociations tel que tracé dans le cadre de la CIRGL, il ne cherchait qu’à gagner du temps pour se mettre dans la position de résister si jamais Kinshasa changeait de cap. La concentration de ses troupes à la frontière en RDC, et tout récemment, la transplantation des soi-disant réfugiés congolais dans les territoires sous contrôle du M23, tiennent à cette stratégie.

Kinshasa doit éviter la léthargie

Kigali ne cache plus ses préparatifs à une éventuelle confrontation militaire, soit directement avec Kinshasa, soit indirectement par le biais du M23. Sa survie en dépend. Est-ce qu’à Kinshasa on a perçu ce message ? Le gouvernement ne devait pas dormir sur ses lauriers. « Qui veut la paix prépare la guerre », renseigne un vieil adage.

Il devrait plutôt comprendre que la rengaine d’une issue politique dans la capitale ougandaise, embouchée par les ténors de la communauté internationale, passe pour une pilule amère. L’ONU tente désespérément d’apaiser les tensions. Et pourtant, elle est consciente de limites de ses appels. Car les signes précurseurs d’une reprise des affrontements entre les protagonistes sont déjà visibles de part et d’autre. Sur le terrain, les militaires sont sur le pied de guerre.

Par ailleurs, d’aucuns soupçonnent le Conseil de sécurité de vouloir jouer le jeu des balkanisateurs de la RDC. Il laisserait aller les choses jusqu’au pourrissement avant de s’improviser en croquemort. Pour preuve, les visiteurs onusiens ont feint d’ignorer le rapatriement de 200 familles présentées comme réfugiés congolais venus de Tanzanie ou d’ailleurs. En réalité, c’est pour exécuter le plan de repeuplement des villages abandonnés par les autochtones condamnés à l’errance.

L’agenda caché, c’est de préparer le terrain à l’éventualité de l’exigence d’un référendum d’autodétermination des communautés locales qui se sentiraient non prises en compte par Kinshasa. Le moment venu, le Conseil de sécurité de l’ONU encouragera la démarche comme il l’a fait dans l’ex-Yougoslavie et au Soudan.

De même, les ambassadeurs du Conseil de sécurité en visite dans le Grands Lacs ont feint d’ignorer ce que tous les observateurs savent, à savoir que ces « réfugiés » dont le rapatriement s’est effectué en violation des procédures légales, ont servi de sauf-conduit pour les militaires rwandais venus en renfort au M23. Que la guerre éclate incessamment, l’Onu en portera moralement la responsabilité.

Quant à la population congolaise, elle doit rester vigilante et prête à toute éventualité. Elle devra intérioriser le fait que personne ne viendra défendre l’intégrité territoriale de son pays à sa place.

Distribué par:
Mwalimu Kadari M. Mwene-Kabyana, Ph.D.
Montréal: Tél. (001) 438-994-6072

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